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Mauritanie : Face à la crise mondiale, l’État déploie un bouclier sur les prix

Carburants, gaz, denrées : Découvrez les mesures d'urgence prises par le gouvernement mauritanien pour protéger le pouvoir d'achat face à la crise mondiale.

Crise mondiale

Face à l’envolée des prix mondiaux de l’énergie et aux turbulences géopolitiques au Moyen-Orient, le gouvernement mauritanien renforce son bouclier social. Entre subventions massives sur les carburants, sécurisation des stocks alimentaires et cure d’austérité pour l’administration publique, l’exécutif déploie une stratégie proactive pour protéger le pouvoir d’achat des citoyens, conformément aux directives du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Analyse d’une riposte économique sous haute tension.

Le gouvernement mauritanien passe à l’offensive. Entre subventions massives, rationalisation du train de vie de l’État et stocks stratégiques, Nouakchott déploie un arsenal de mesures pour protéger le panier de la ménagère.

C’est un exercice de transparence auquel se sont livrés les membres du gouvernement ce lundi à l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI). Autour d’El Houssein Ould Medou, porte-parole du gouvernement, les ministres de l’Économie et de l’Énergie ont détaillé la stratégie de riposte face à une conjoncture internationale « imprévisible ».

Le « quoi qu’il en coûte » version mauritanienne

Le chiffre a de quoi donner le tournis : l’État supporte aujourd’hui jusqu’à 310 ouguiyas de subvention par litre de gasoil. Alors que le prix de revient réel frôle les 822 ouguiyas, le consommateur continue de payer 512 ouguiyas à la pompe. « Quand un citoyen achète pour 5 000 ouguiyas de gasoil, l’État en finance près de 3 000 », a martelé le ministre de l’Énergie, Mohamed Khaled. Même constat alarmant pour le gaz domestique : la bouteille de 12 kg, vendue 3 000 ouguiyas, coûte en réalité plus de 9 000 ouguiyas à la collectivité.

Au total, ce sont 17 milliards d’ouguiyas qui ont été injectés en seulement trois mois pour stabiliser les prix. Un effort colossal qui représente désormais 13 % du budget national.

Cure d’austérité pour l’administration

Pour financer ce bouclier, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a tranché : l’État doit montrer l’exemple. Une loi de finances rectificative est sur les rails pour prioriser les dépenses sociales. Parmi les mesures symboliques mais fermes : la restriction immédiate de l’usage des véhicules 4×4 de fonction (hors urgences et sécurité) et une chasse au gaspillage énergétique dans les bureaux publics.

Le message est clair : chaque ouguiya économisée sur le fonctionnement de l’administration est une ouguiya de plus pour la santé, l’éducation et la protection des plus vulnérables.

Pas de pénurie à l’horizon

Sur le front de la sécurité alimentaire, le ministre de l’Économie, Abdallahi Ould Souleymane, s’est voulu rassurant. La Mauritanie dispose de stocks de denrées de base et d’engrais suffisants pour tenir jusqu’à la fin de l’année. De même, les réserves en devises étrangères restent solides, permettant au pays de naviguer malgré la volatilité des marchés.

Souveraineté et réformes : les autres fronts

Le point de presse a également été l’occasion d’aborder des sujets brûlants :

Sécurité : Suite au drame ayant touché des Mauritaniens en territoire malien, le porte-parole a réaffirmé que la protection des citoyens était la priorité absolue, tout en appelant à la prudence dans les zones de tension frontalières.

Médias : Le ministre a confirmé la régularisation « record » des collaborateurs de la presse publique, une promesse présidentielle tenue sous le signe de la transparence.

Lutte contre la fraude : La vigilance est accrue avec la saisie récente de 550 tonnes d’hydrocarbures destinées à la contrebande.

Le gaz, une lueur d’espoir à long terme

Si la crise pèse sur les finances aujourd’hui, le projet gazier Grande Tortue Ahmeyim (GTA) avance. À moyen terme, le statut de futur producteur de gaz naturel de la Mauritanie, couplé à sa position géographique stable, pourrait transformer ces défis actuels en une opportunité historique pour attirer les investissements étrangers.

Le défi d’une équation budgétaire complexe

Au-delà de l’urgence, cette stratégie gouvernementale révèle un véritable numéro d’équilibriste financier. En injectant des milliards d’ouguiyas pour maintenir les prix à la pompe et dans les cuisines, l’État mauritanien choisit délibérément de privilégier la paix sociale au détriment d’autres investissements structurels. Cependant, cette générosité budgétaire ne peut être durable sans une contrepartie stricte : la discipline de l’appareil d’État. La réduction du train de vie de l’administration, symbolisée par la mise au garage des véhicules 4×4 non essentiels, n’est pas qu’une mesure d’économie ; c’est un signal politique fort envoyé à la population. Dans un contexte où l’inflation mondiale est importée, le succès de ce plan reposera sur la capacité de la commission ministérielle à ajuster les curseurs en temps réel, tout en espérant que la transition vers le gaz naturel offre bientôt au pays l’autonomie énergétique nécessaire pour ne plus subir de plein fouet les soubresauts du marché international.

Les chiffres à retenir de la crise

Pour mieux comprendre l’ampleur de l’effort national, voici les données marquantes partagées lors de ce point de presse :

  • 310 ouguiyas : C’est le montant que l’État paie à votre place sur chaque litre de gasoil acheté aujourd’hui.
  • 6 230 ouguiyas : La subvention colossale injectée par bouteille de gaz de 12 kg pour maintenir son prix à 3 000 ouguiyas.
  • 17 milliards d’ouguiyas : La facture totale des subventions aux carburants sur les trois derniers mois seulement.
  • 13 % du budget de l’État : La part désormais consacrée uniquement au soutien des prix de l’énergie.
  • 550 tonnes : Le volume d’hydrocarbures saisi la semaine dernière, témoignant d’une lutte sans merci contre la contrebande.

Rapide info avec AMI

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