COP27 : l’UE se dit «inquiète» de la tournure des négociations sur les objectifs climatiques

COP27 : l’UE se dit «inquiète» de la tournure des négociations sur les objectifs climatiques
Publié dans Figaro.fr par Julien Da Sois et AFP agence

Le vice-président de la Commission européenne a indiqué préférer «plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord» face à la proposition faite par la présidence égyptienne.
L’Union européenne préfère «plutôt pas d’accord qu’un mauvais accord» dans les négociations sur le climat à la COP27, a déclaré samedi le vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans. «Nous sommes inquiets de certaines des choses que nous avons vues et entendues au cours des dernières 12 heures», a-t-il dit devant des journalistes, ajoutant que l’objectif des Européens était de garder «en vie» la limite de réchauffement de 1,5°C, objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris.
Plus tôt dans la matinée, la ministre française de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher avait aussi fait part des inquiétudes de l’UE quant à la proposition de la présidence égyptienne de la COP27 sur le climat, jugée «inacceptable», car conduisant à remettre en cause les engagements passés sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre.
«Il y a un risque que l’objectif de 1,5°C meure aujourd’hui», a alerté la ministre devant des journalistes. «Aujourd’hui, à cette heure, nous n’avons toujours pas de texte sur la table et les éléments d’information présentés à la délégation de l’UE cette nuit comportent des reculs inacceptables par rapport aux accords de Paris et aux accords de Glasgow», a-t-elle ajouté. Ces reculs concernent les «objectifs d’atteinte de réduction des gaz à effet de serre, permettant de tenir la trajectoire à 1,5°C», a précisé Agnès Pannier-Runacher.

La présidence égyptienne se défend

La présidence égyptienne s’est défendue, déclarant que la «grande majorité» des pays trouve les propositions «équilibrées». Le ministre égyptien des Affaire étrangères Sameh Choukri a renvoyé les parties à leurs responsabilités, appelant à la «flexibilité» et indiquant qu’il allait consulter le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, présent à Charm el-Cheikh.

Pierre angulaire de la lutte contre le changement climatique, l’accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète «nettement en dessous de 2°C» par rapport à l’ère pré-industrielle, et si possible à 1,5°C. Cette ambition avait été réaffirmée lors de la COP26 de Glasgow l’an dernier. L’objectif de 1,5°C est «ambitieux mais essentiel si nous voulons limiter l’impact du réchauffement climatique pour les pays les plus vulnérables», a martelé Agnès Pannier-Runacher samedi.

«Le problème est que la présidence égyptienne essaie de faire passer un texte qui lèverait les obligations des États de rehausser régulièrement les objectifs de baisse des émissions pour atteindre les 1,5 degré», a-t-on expliqué dans l’entourage de la ministre, selon l’AFP. Cette 27e conférence internationale sur le climat a été prolongée d’au moins une journée en l’absence d’accord sur plusieurs points de contentieux.

Les négociateurs de près de 200 pays réunis dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh ont tenté d’avancer toute la nuit sur les points les plus difficiles, comme le sort des énergies fossiles ou la compensation des dégâts déjà occasionnés par le changement climatique, les «pertes et dommages». La présidence égyptienne, critiquée pour le retard pris dans ces complexes négociations sur le climat sous l’égide de l’ONU, avait promis vendredi, jour théorique de fin des négociations, de prendre les choses en main.
Source : Figaro.fr 

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