Nouakchott accueille la Conférence africaine pour la promotion de la paix : la Mauritanie défend une stratégie fondée sur les valeurs
Conférence africaine pour la promotion de la paix
Le Premier ministre Moctar Ould Djay a inauguré à Nouakchott la sixième Conférence africaine pour la promotion de la paix, mettant en avant une approche globale fondée sur la justice sociale, l’État de droit et la diffusion des valeurs de modération.
Nouakchott accueille la sixième Conférence africaine pour la promotion de la paix : la Mauritanie plaide pour une stratégie fondée sur les valeurs et le développement
Nouakchott a été, mardi, le théâtre d’un rendez-vous majeur consacré à la stabilité du continent africain. Le Premier ministre mauritanien, Moctar Ould Djay, a présidé au Palais des Congrès « Mokhtar Ould Daddah » la cérémonie d’ouverture de la sixième édition de la Conférence africaine pour la promotion de la paix, organisée sous le thème évocateur : « L’Afrique et la fabrication de l’espoir ».
Cet événement international a réuni des responsables gouvernementaux, des oulémas, des intellectuels, des diplomates ainsi que des représentants d’organisations régionales et internationales, confirmant le rôle croissant de la Mauritanie comme plateforme de dialogue et de médiation en Afrique.
Une réponse globale aux défis sécuritaires
Dans son discours inaugural, le Premier ministre a dressé un constat lucide des mutations que traverse le monde, évoquant « de nombreuses crises politiques, sécuritaires, économiques et environnementales » qui alimentent l’instabilité et favorisent la montée de la violence et du terrorisme dans certaines régions africaines.
Face à ces menaces, Moctar Ould Djay a insisté sur une conviction forte : la lutte contre l’extrémisme ne peut être durable sans un ancrage dans la pensée et les valeurs.
« Les défis de l’extrémisme, de l’intolérance, de la violence et du terrorisme ne seront pas relevés de manière décisive et durable sans s’appuyer, en premier lieu, sur la pensée et les valeurs », a-t-il déclaré.
Il a rappelé que cette approche constitue un pilier de la stratégie adoptée par le Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, fondée sur l’articulation étroite entre sécurité et développement.
Justice sociale et État de droit comme remparts
Le chef du gouvernement a expliqué que cette stratégie intégrée repose sur plusieurs axes structurants :
- le renforcement de la justice sociale,
- la consolidation de l’État de droit,
- l’égalité des droits et des devoirs,
- la diffusion des valeurs de modération et du juste milieu,
- la promotion du dialogue pour déconstruire les discours extrémistes.
Selon lui, le retour aux valeurs religieuses dans « leur pureté originelle » représente une source d’espoir capable de prévenir les conflits et de favoriser les réconciliations nécessaires à la cohésion sociale.
Il a également souligné le rôle central des savants, leaders d’opinion et acteurs de la société civile dans la construction d’une culture de paix durable.
Une Afrique entre vulnérabilités et promesses
Prenant la parole à son tour, Cheikh Abdallah bin Bayyah, président du Forum pour la promotion de la paix dans les sociétés musulmanes, a remercié le président Ghazouani pour son soutien constant aux initiatives de paix.
Il a rappelé que, malgré ses immenses ressources humaines et naturelles qui font d’elle « l’avenir du monde », l’Afrique demeure exposée aux conflits internes et aux rivalités internationales menaçant son développement.
Le dignitaire a également salué l’élan de solidarité du Tchad envers les populations déplacées par les guerres, annonçant que le Prix africain pour la promotion de la paix a été attribué cette année au président tchadien Mahamat Idriss Déby, en reconnaissance de ses efforts en faveur de la stabilité régionale.
L’appel à un renouveau moral et religieux
Le ministre marocain des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Taoufiq, a pour sa part plaidé pour une restauration des valeurs morales et spirituelles, appelant les sociétés musulmanes à résoudre leurs différends et à incarner concrètement la paix.
De son côté, le secrétaire général adjoint de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Youssef Al-Dobeay, a mis en garde contre l’érosion de l’espoir chez les jeunes africains, conséquence directe des crises sécuritaires et économiques. Il a insisté sur la nécessité de promouvoir un discours religieux éclairé et de renforcer les partenariats internationaux.
« La fabrication de l’espoir n’est pas seulement un slogan, mais un processus pratique qui exige la conjugaison des efforts et des approches globales », a-t-il affirmé.
Le Tchad honoré, symbole d’un message d’espoir
Moment fort de la cérémonie : la remise officielle du Prix africain pour la promotion de la paix par le Premier ministre mauritanien au représentant du président tchadien. Une distinction que N’Djamena considère comme « un honneur national et un message d’espoir pour toute l’humanité ».
Le ministre tchadien de l’Administration territoriale, représentant son chef d’État, a salué les efforts continus de Cheikh Bin Bayyah pour bâtir des ponts de compréhension entre les peuples.
Une forte mobilisation officielle et diplomatique
La cérémonie d’ouverture a rassemblé plusieurs membres du gouvernement mauritanien, des responsables territoriaux, le corps diplomatique ainsi que de nombreuses personnalités intellectuelles et religieuses.
Par cette conférence, Nouakchott confirme sa volonté de s’imposer comme un carrefour africain du dialogue, à un moment où la sécurité du continent dépend de plus en plus de réponses collectives mêlant gouvernance, développement et leadership moral.
En déclarant officiellement ouverts les travaux, Moctar Ould Djay s’est dit convaincu que les recommandations issues de cette sixième édition contribueront à « renouveler l’espoir et renforcer la paix et la sécurité dans nos sociétés africaines ».
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