Mauritanie : installation de la commission de gestion du Fonds public de soutien aux médias
La commission sera chargée d’examiner les demandes de soutien du Fonds public de soutien aux médias et de veiller à une gestion transparente.

Fonds public de soutien aux médias
Le ministère de la Culture met en place la commission chargée de gérer et de répartir le Fonds public de soutien aux médias selon des critères professionnels.
Médias : mise en place de la commission de gestion du Fonds public de soutien aux médias
Dans un contexte marqué par les défis économiques du secteur médiatique, le ministère de la Culture a procédé à la mise en place d’une nouvelle commission chargée de gérer le Fonds public de soutien aux médias. Cette instance aura pour mission d’encadrer l’attribution des aides, d’en assurer le suivi et de renforcer la transparence dans l’utilisation des ressources publiques.
Le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, Houssein Ould Meddou, a signé ce lundi une décision portant nomination de la commission chargée de la gestion et du décaissement des ressources du Fonds public de soutien aux médias.
Selon un communiqué publié par le ministère sur sa page officielle Facebook, cette commission aura pour mission d’examiner les dossiers des institutions de presse sollicitant le soutien public, d’en statuer sur la base de critères professionnels, transparents et objectifs, et de veiller au suivi de l’utilisation des fonds alloués, ainsi qu’à l’évaluation du respect des conditions fixées.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts des autorités visant à structurer le secteur des médias, renforcer la bonne gouvernance et garantir une répartition équitable et responsable des ressources publiques destinées au soutien de la presse nationale.
Composition de la commission
La commission est présidée par Mohamed Abidine Sid Elmine, représentant de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA). Elle est composée des membres suivants :
- Ahmed Issa El Yedali, représentant du ministère chargé de la Communication
- Mohamed Abdallah Sidi, représentant du ministère chargé de la Communication
- Yacoub El Rahal, représentant du ministère chargé des Finances
- El Bekaye Bab Ahmed, représentant de l’Autorité de la Publicité
- Cheikh El Rajel Alioune, représentant des regroupements de la presse écrite
- Mohamed Fadel Ahmed Fall, représentant des chaînes audiovisuelles
- Fadel Ahmed Salem, représentant des institutions de la presse électronique
- Cheikh Tidjiane Dia, représentant des syndicats de journalistes
- Mentane Lemrabott, représentante des journalistes mauritaniennes indépendantes
Sa composition reflète donc une volonté d’inclusivité, regroupant des représentants des ministères concernés, des autorités de régulation, ainsi que des différentes composantes du paysage médiatique national : presse écrite, audiovisuel, médias électroniques, syndicats de journalistes et journalistes indépendantes.
Cette diversité perçue par de nombreux observateurs comme un gage d’équilibre et de pluralisme est susceptible de renforcer la légitimité des décisions qui seront prises.
Un signal politique adressé au secteur des médias
La mise en place de cette commission intervient dans un contexte où le débat sur le financement public de la presse occupe une place centrale. Plusieurs acteurs du secteur appellent depuis des années à un mécanisme clair, équitable et prévisible, capable de soutenir les médias sans porter atteinte à leur indépendance éditoriale.
Pour les autorités, il s’agit également de structurer un secteur stratégique pour la démocratie, tout en l’accompagnant dans sa transition économique et technologique. Le soutien public est ainsi présenté non comme une faveur, mais comme un outil d’accompagnement conditionné au respect des règles professionnelles.
Vers une professionnalisation accrue du paysage médiatique
Au-delà de l’aspect financier, la création de cette commission pourrait marquer un tournant dans la professionnalisation du journalisme mauritanien. En conditionnant l’accès au soutien public à des critères précis — régularité administrative, respect de la déontologie, conformité juridique — l’État envoie un message clair aux acteurs du secteur.
Reste désormais à observer la mise en œuvre concrète de ce dispositif, la transparence des décisions prises et leur impact réel sur la qualité et la viabilité des médias nationaux.



