Accueil |Actualité des WilayasActualités Politiques en Mauritanie | Rapide InfoGorgolKaédi

Kaédi : Cherif Sanghott dénonce une gestion municipale sans cap et appelle à un nouveau leadership

Dans une interview exclusive à Rapide Info, Cherif Sanghott, conseiller municipal de Kaédi, critique la gouvernance locale, alerte sur l’insalubrité et appelle à un renouveau pour répondre aux attentes des populations.

Conseiller municipal de Kaédi et acteur engagé de la vie publique locale, Cherif Sanghott dresse un tableau sans concession de la situation de sa commune. Gouvernance municipale, insalubrité, manque de communication, gestion des ressources et polémique autour de la démolition de l’École 1 : dans cet entretien accordé à Rapide Info, il appelle à un sursaut collectif et à un leadership capable de redonner espoir aux habitants.

1. Bonjour M. Sanghott ! Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, Avant tout, permettez-moi de vous remercier de m’avoir donné l’opportunité de m’adresser à vos lecteurs, mais aussi de m’adresser à ma très chère population de la commune de Kaedi. Je m’appelle Cherif Sanghott, natif de Kaedi, où j’ai commencé mes études coraniques avant de finir mon collège et lycée au Sénégal.

2. Depuis quand faites-vous de la politique ? Quel est votre parcours politique ?

Je suis impliqué en politique après les événements de 1989, mais avant ça, je suis toujours activiste, un défenseur des droits humains. Le premier parti que j’ai rejoint est le PLEJ de Ba Mamadou Alassane, que je salue au passage et à qui je souhaite longue vie. Après l’AJD/MR, dont je suis membre fondateur, j’étais au mouvement de soutien d’Ibrahima Sarr, longue vie également à lui, jusqu’à 2012, où je n’ai plus d’affiliation politique, mais j’ai soutenu Biram en 2013, 2019 et 2024.

3. En tant que conseiller municipal de Kaedi, pouvez-vous nous parler un peu de la situation de votre commune ?

Bon, à propos de notre commune, nous avons eu la chance d’avoir une très bonne équipe de conseillers qui aime vraiment leur commune. Malheureusement, nous avons un maire qui n’a pas de programme, ce qui fait que nous sommes partout sans une feuille de route qui pouvait nous mener à des réalisations concrètes. Mon point est que il n’y a pas de communication entre les conseillers et le maire ni ses adjoints, ce qui laisse les conseillers avec l’impression de ne pas être sollicités, seulement qu’au moment de signer des délibérations.

4. Comment jugez-vous la situation de l’insalubrité à Kaedi ?

Kaedi est une ville qui grandit. Une commune qui veut se maintenir propre doit se doter d’outils de travail comme des chargeurs, des camions, etc. Mais avec un budget d’assainissement de 48 millions MRO, c’est très petit, mais on pouvait faire avec, petit à petit, pour acquérir ce matériel. Mais malheureusement, c’est ce que nous vivons. Les techniciens de surface sont réduits de 76 à 5. Où va l’argent ? That is the question.

5. Récemment, l’opinion a beaucoup entendu vos critiques concernant la démolition d’une partie de l’école 1. Le conseil municipal a-t-il été informé de cette décision ?

L’École 1 est un patrimoine pour la commune de Kaedi. Démolir bêtement une partie de cette école sans l’avis du conseil est pour moi un crime, et surtout que l’on souffre de manque de salles de classe à Kaedi et partout en Mauritanie. Mais ce qui me fait plus mal, c’est que le maire lui-même a fait une vidéo pour nier cette démolition. Pour moi, c’est une insulte à toute la population de la commune de Kaedi, mais nous arriverons au fond de ce problème et je demande une excuse du maire à la population.

6. Pourtant, le conseil municipal de Kaedi ne compte que six conseillers Insaf sur vingt sièges répartis entre une quinzaine de partis. Vous les quinze conseillers des autres partis, êtes-vous consultés pendant les prises des décisions ?

Bon, consulter, oui, car c’est les conseillers qui signent les délibérations. La majorité des délibérations présentées vont dans le bon sens du développement de la commune et on signe sans souci, mais récemment, j’ai déclaré que je ne signerais plus de délibérations, car j’ai vu certaines délibérations modifiées et en plus de tout ce que nous avons signé, rien n’est réalisé. Si l’argent est là, le produit n’est pas délivré. Exemple : les tenues pour les enfants de l’école primaire, les kits pour les personnes inondées, le soutien des familles démunies, etc.

7. Comment voyez-vous la ville de Kaedi aujourd’hui ? A-t-elle vraiment progressé ?

La ville de Kaedi dégringole chaque jour que Dieu fait. Où est notre aéroport qui avait au moins 4 vols par semaine avec un vol international ? Où est notre abattoir frigorifique ? Où est l’ENFVA ? Où est la tannerie ?
Où est la solidarité, l’union des Kaediens ? Où sont nos cultures ?
Où est notre Farba Tene, etc. ? Nous n’avons plus de réunion entre nous.
L’État a démissionné de ses titres qui étaient le symbole de notre unité. Maintenant, nos problèmes sont résolus à la police ou chez le préfet. C’est une domination psychologique. Je vis notre commune.

8. Quel est votre dernier mot ?

Il faut une personne de poigne à la tête de la Mairie, une personne de haute carrure qui puisse impulser un nouveau dynamisme et répondre aux attentes des habitants de notre commune. Nous devons nous unir ou périr. Que Dieu bénisse notre commune et ses habitants.

Propos recueillis par Yahya Niane
Rapide info

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Articles similaires