Chapitre 2 : Le choix de la lumière

Chapitre 2 : Le choix de la lumière
Après deux années passées dans un centre d’alphabétisation, Khadijetou sentit naître en elle une ambition plus vaste que les murs modestes de la salle où elle avait appris à lire et à écrire avec assurance. Les lettres, autrefois étrangères, étaient devenues des alliées. Les chiffres ne l’intimidaient plus. Elle aspirait désormais à comprendre le monde des affaires, à décrypter les mécanismes invisibles qui régissent les entreprises et les marchés.
Portée par cette détermination nouvelle, elle s’inscrivit dans un centre privé de management à Nouakchott. L’établissement, exigeant et compétitif, accueillait des étudiants venus de divers horizons, tous animés par le désir de réussir. Pour Khadijetou, l’entrée dans ce centre représentait bien plus qu’un simple changement d’école : c’était un passage vers une nouvelle vie.
Les débuts furent éprouvants. Les cours d’économie, de comptabilité, de droit des affaires et de gestion stratégique exigeaient une rigueur qu’elle dut apprendre à cultiver jour après jour. Elle travaillait tard dans la nuit, relisait ses notes, posait des questions, multipliait les efforts pour combler ses lacunes. Mais sa persévérance finit par porter ses fruits. Année après année, elle progressa avec constance.
C’est au cours de sa deuxième année qu’un événement déterminant bouleversa le cours de son existence. Elle fit la rencontre de Sidi Hasni, un homme respecté, cultivé et attentif. Leur rencontre, d’abord fortuite, évolua vers une relation fondée sur l’estime et le dialogue. Sidi Hasni admirait chez Khadijetou son intelligence et sa volonté d’avancer malgré les obstacles.
Lorsqu’il lui demanda sa main, une condition fut clairement posée : leur union ne devait en aucun cas interrompre ses études. Au contraire, il s’engagea à la soutenir jusqu’à l’achèvement de son parcours académique. De son côté, Khadijetou formula une exigence essentielle : elle souhaitait être son unique épouse. Sidi Hasni accepta cette condition, scellant ainsi une entente fondée sur le respect mutuel.
Leur mariage marqua le début d’un partenariat solide. Grâce au soutien financier et moral de son époux, Khadijetou put se consacrer pleinement à ses études sans l’angoisse permanente des frais de scolarité. Elle poursuivit son cursus avec une ardeur renouvelée, consciente de la confiance placée en elle.
Quatre années d’efforts soutenus s’écoulèrent. Les sacrifices, les nuits blanches et les moments de doute aboutirent enfin à une consécration : Khadijetou obtint un Master en Information et Gestion des Entreprises. Ce diplôme ne représentait pas seulement une réussite académique ; il incarnait sa victoire sur les limites qu’on aurait pu lui imposer.
En franchissant l’estrade pour recevoir son parchemin, elle mesura le chemin parcouru. De l’apprentissage des premières lettres à la maîtrise des stratégies d’entreprise, son parcours témoignait d’une volonté inébranlable. Aux côtés de Sidi Hasni, elle s’apprêtait désormais à écrire un nouveau chapitre de sa vie — celui de l’action, de l’engagement et de l’accomplissement professionnel.



