CAN 2025 : vitrine de puissance et de soft power en Afrique
La CAN est devenue un enjeu géopolitique majeur en Afrique. Le Maroc 2025 illustre comment le football sert la puissance, le leadership et le soft power.
Dème – La CAN, vitrine de puissance et de soft power africain
À l’heure où le football africain dépasse largement le cadre du sport, la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) s’impose comme un instrument stratégique de puissance, de diplomatie et de soft power. Derrière l’enjeu sportif, se jouent désormais des rivalités géopolitiques, des ambitions économiques et des stratégies d’influence continentales. L’édition 2025 organisée par le Maroc illustre parfaitement cette mutation, faisant de la CAN une vitrine politique et symbolique majeure en Afrique.
la CAN est aujourd’hui clairement devenue un enjeu géopolitique en Afrique, même si cette dimension reste imbriquée dans des logiques économiques, médiatiques et de soft power plus larges. Vitrine de puissance et de soft power. Accueillir la CAN sert de vitrine diplomatique pour le pays hôte, qui affiche sa modernité, sa stabilité et sa capacité d’organisation devant le continent et le reste du monde.
Le cas du Maroc en 2025 illustre cette stratégie : investissements massifs dans les stades, les transports et la sécurité pour se positionner comme puissance africaine émergente et hub régional avant le Mondial 2030.
Compétition de leadership africain
La CAN s’inscrit dans une compétition de leadership sur le continent, où certains États utilisent le football pour affirmer leur poids politique et diplomatique en Afrique. L’attribution quasi sans concurrence de la CAN 2025 au Maroc, après le retrait de la candidature algérienne, a été interprétée comme un révélateur des rapports de force et des rivalités régionales, notamment entre Rabat et Alger.
Héritage panafricain et tensions actuelles.
Historiquement, la CAN est pensée comme un projet panafricain visant à montrer l’unité du continent et à affirmer une égalité symbolique avec l’Europe dans le football. Aujourd’hui, ce projet d’unité coexiste avec des tensions politiques : la compétition devient parfois le miroir de crises et de rivalités, comme les tensions algéro‑marocaines projetées sur le terrain médiatique et sportif.
Enjeux économiques et dépendances.
La CAN est aussi un marché : droits TV, sponsors, infrastructures, tourisme, ce qui renforce son importance stratégique pour les gouvernements. Mais cette dimension économique met en lumière des dépendances : poids de grandes entreprises et de partenaires extérieurs (ex. TotalEnergies, opérateurs télécoms), critiques sur des pratiques jugées néocoloniales, et adaptation au calendrier et aux normes imposés au niveau mondial.
Instrument politique interne.
Au niveau intérieur, la CAN est utilisée comme outil de légitimation : renforcer la fierté nationale, consolider le pouvoir et détourner temporairement l’attention des difficultés sociales ou politiques.
Cela crée aussi des débats : priorisation de dépenses sportives versus besoins sociaux, utilité durable des infrastructures et captation des bénéfices par des élites locales.
En résumé, la CAN n’est plus seulement un tournoi de football : elle fonctionne désormais comme un espace où se jouent image des États, rivalités régionales, ambitions panafricaines et stratégies de soft power, ce qui en fait un véritable enjeu géopolitique contemporain en Afrique.
Abdoulaziz DEME Le 19 Janvier 2026.



