Barkhane : Macron annonce la fermeture de trois bases au nord du Mali

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Sommet France-G5 Sahel: alors que les conditions du conflit mené contre les GAT exigent une réponse inscrite sur le long terme et il n’existe pas de critères précis pour  définir à quel moment la situation aura été stabilisée et à quel moment la menace sera considérée comme écartée pour justifier un retrait ou une réorganisation du dispositif  français au Sahel. La France détachée de plus en plus de ses anciennes colonies avec peu d’intérêts économiques  depuis la fermeture de la dernière mine d’uranium et le retrait d’Areva en mars dernier d’Arlit vient cependant de préciser la réorganisation de son dispositif militaire au Sahel.  

Les pays du G5 -Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad- se sont réunis vendredi 9 juillet en visioconférence pour revoir la réorganisation de ce dispositif.

Un mois après son annonce surprise de la fin de l’opération Barkhane au Sahel, le président Emmanuel Macron a donné des précisions sur le calendrier du repli militaire français. Le dispositif actuel de quelque 5 100 militaires s’appuie sur plusieurs bases réparties dans les pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad et Mauritanie). C’est au Mali, où l’emprise française est la plus importante, que trois premières bases vont fermer, à Kidal, Tessalit et Tombouctou, « d’ici au début de l’année 2022 », a précisé le chef de l’État. Toutes trois sont situées au nord, partie du territoire où sévissent les groupes djihadistes. Côté effectif, le nombre de soldats maintenus sur le sol sahélien passera à terme à un contingent de 2 500 à 3 000 hommes.

Ce changement de braquet correspond à un changement de stratégie : moins de Français accompagnant au combat des armées locales encore trop souvent mal équipées et mal payées ; davantage de lutte purement antiterroriste, passant par l’action des forces spéciales, l’appui aérien et le renseignement. « Nos adversaires ont aujourd’hui délaissé une ambition territoriale au profit d’un projet de dissémination de la menace plus seulement à l’échelle du Sahel, mais à l’échelle de l’ensemble de l’Afrique de l’ouest », souligne Emmanuel Macron.

L’hiver dernier, le patron de la DGSE, Bernard Emié, avait alerté sur cette « descente » vers le golfe de Guinée des groupes affiliés à Al-Qaïda et à Daech (ou groupe État islamique), perpétrant des attentats meurtriers en Côte d’Ivoire ou au Bénin. La « neutralisation » – l’élimination physique – des chefs terroristes reste une mission essentielle des forces françaises, insiste le président.

La force Takuba va monter en puissance

Pour l’appui aérien, la base aérienne de Niamey (Niger), où stationnent les Mirage 2 000 et les puissants drones Reaper, sera « musclée »… à la satisfaction du président nigérien Mohamed Bazoum présent ce vendredi à l’Élysée, en visioconférence avec les autres dirigeants du G5. Également appelée à monter en puissance, la force spéciale Takuba de quelque 600 hommes pour moitié Français et pour moitié Européens (Tchèques, Estoniens, Suédois, Italiens…), basée à Menaka (Mali) et chargée de former des combattants d’élite locaux. En revanche le QG de Barkhane à Ndjamena, la capitale tchadienne, va disparaître.

En visite discrète à Paris ces derniers jours, le président autoproclamé tchadien, le général Mahamat Idriss Déby (fils du défunt maréchal-président), avait « haussé le ton » selon des proches du dossier pour réclamer le maintien d’une aide militaire et budgétaire importante à son pays, allié privilégié de toujours de Paris dans la région.

À la veille de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron entend aussi éviter de nouvelles morts de militaires (plus de 50 déjà tombés) et la montée de critiques sur une opération coûteuse (1 milliard d’euros annuels), fragilisée par le retour des coups d’État (Mali, Tchad) et la montée du sentiment antifrançais en Afrique.

Avec Agences