Au sieur Med Abdelaziz/ Par: Sidi Mohamed Maham

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Au sieur Med Abdelaziz/ Par: Sidi Mohamed Maham

 l’instar des autres mères, la vôtre est sous toutes les coutures une mère accomplie, et méritante. Et ce n’est pas les quelques lignes de circonstances que vous venez de lui accorder, dans votre dernier communiqué, qui mettront en exergue les qualités de la défunte, qui fut de l’aveu de tous, et au sens large du mot, une grande dame, avec bien sûr, tout ce qu’un tel titre requiert comme vertus et, faiblesses humaines.

Pour ma part, je n’ai pas attendu de vous lire pour adresser mes condoléances à qui de droit, et partager leur douleur, du reste évidente. J’aurais compris, et compati à la vôtre, si au lieu de manifester le désir de vous rendre au Tchad, pour accompagner à sa dernière demeure la dépouille du président Idriss Into Deby, vous auriez exprimé une seule fois votre envie de vous rendre au chevet de la défunte, déjà moribonde, et périclitait de jour en jour, sur un lit d’hôpital, en Espagne. Pour être compendieux, ne vous attendez pas à vous retrouver au milieu d’une marée de compatissants, et ne soyez pas surpris si vous vous retrouveriez face à vous-même, en train d’endurer seul votre douleur, simulée ou réelle. C’est le prix acquitté avant vous, par tous ceux que les émotions de leurs semblables laissent d’ordinaire froid. Ici prend fin tout vouvoiement.

J’ai longtemps fait la sourde oreille aux bourdonnements de tes mouches électroniques qui vont et viennent, sans vergogne, crachant leur venin sur tout ce qui bouge, et barbouillant de leurs immondices l’honneur d’honnêtes gens, tout en essayant de redorer sans y arriver le blason à un ramassis d’infâmes créatures puantes de tous les pores de leur peau le mensonge, la trahison, l’abus de confiance, le trafic d’influence, la malversation, et tout le bataclan de la pègre des bas étages. Aujourd’hui, et après que tu t’aies rendu compte que leur service ne vaille pas le prix que tu y mets, surtout depuis que le temps est caillou, et que mal sevrée des caisses de l’Etat ta main rechigne encore à prendre le chemin de ta poche, tu as décidé de prendre les choses en main en publiant ton premier communiqué, que, ma bonne éducation oblige, j’ai attentivement lu, et dans lequel tu traites de ‘’cheptels’’ et de ‘’nuées’’ des femmes et des hommes venus s’acquitter auprès de ta famille et de toi-même d’un devoir religieux et social. Ces femmes et ces hommes – dont toi-même – se sont un jour rencontrés autour d’un projet grandiose. Celui de construire leur pays sur des bases saines, assainissant son économie, et ses finances, en supplantant la gabegie et, les prédateurs, par le judicieux choix de placer la femme ou l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Nous étions tous pauvres et à t’en croire, tu l’étais encore plus que les autres. Dix ans plus tard nous sommes sortis plus démunis qu’à notre entrée, mais légers, et sans bagage. Et le seul reproche qu’on puisse nous adresser, à ce jour, est d’avoir été un moment tes compagnons de route. Quant à toi, tu en es sorti alourdi par des propriétés et des immeubles aux coûts dispendieux, ici et à l’étranger, et par des fortunes mal acquises, placées ici-même et, dans des paradis fiscaux. De ton propre aveu, tu reconnais, toi qui as tenu pour dix ans d’affilés les comptes de la nation, que tu appelais pompeusement ‘’RACHAD,’’ que tes petits-fils apprennent dés leur plus jeune âge, non pas à jouer avec des jouets comme tous les enfants de leur âge, mais à bien jongler avec les milliards du contribuable mauritanien. Te poser en victime sans défense, voila un rôle que tu cherches à te donner devant le petit groupe de badauds qui t’accompagne au cours de tes périples quotidiens vers le lieu où tu signes ton acte de présence, et de là à te convaincre qu’ils te prennent pour un leader, il n’y a qu’un pas, que rien ne t’empêche de franchir. Cependant tu te fourres le doigt dans l’œil si tu crois que le rôle de la victime désarmée et sans défense te siérait un de ce quatre, ou que ces braves gens verraient en toi autre chose que l’usurpateur de leurs biens. Ceci est la vérité qui, sans concession ni complaisance te sera assenée chaque fois que de besoin. Je m’en porterai garant aussi longtemps que je porterai sur moi de quoi l’écrire.

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Traduit par : Deddah Abd-Daim