Mauritanie : arrestations de militants de IRA-Mauritanie après la dénonciation d’un cas présumé d’esclavage impliquant une mineure
Mauritanie : le Réseau Sahélien de Lutte contre l’Esclavage dénonce les arrestations de militants de IRA-Mauritanie et le classement sans suite d’un cas impliquant une mineure de 11 ans.
ALERTE URGENTE
Harcèlement, arrestations arbitraires et criminalisation des militants anti-
esclavagistes de IRA-Mauritanie*
Le Réseau Sahélien de Lutte contre l’Esclavage exprime sa profonde indignation
face aux traitements humiliants, dégradants et aux arrestations arbitraires dont sont
systématiquement victimes les militants de IRA-Mauritanie chaque fois qu’ils
dénoncent des cas d’esclavage et ses séquelles en Mauritanie.
1. Classement sans suite inacceptable d’un cas impliquant
une mineure de 11 ans
Nous sommes particulièrement préoccupés par la décision du Ministère public de
classer sans suite l’affaire concernant une jeune fille de 11 ans présumée victime de
faits relevant de l’esclavage.
Cette décision est d’autant plus incompréhensible que l’enquête ordonnée par le
Procureur aurait relevé des éléments factuels graves qui devraient conduire à une
requalification des faits et à l’ouverture de poursuites appropriées, et non à un non-
lieu.
L’État mauritanien est lié par ses engagements nationaux, régionaux et
internationaux en matière de lutte contre l’esclavage et de protection des droits de
l’enfant. Il a l’obligation juridique :
-de protéger les droits fondamentaux et sociaux de la mineure,
-de poursuivre et sanctionner les auteurs,
-d’assurer réparation aux victimes.
Le classement sans suite dans ces conditions constitue un signal inquiétant pour la
lutte contre l’impunité.
2. Criminalisation des défenseurs des droits humains
Au lieu de protéger la victime et de garantir une enquête indépendante et impartiale,
les autorités ont choisi de poursuivre les militants de IRA-Mauritanie qui ont dénoncé
les faits et accompagné la victime.
Nous dénoncons fermemement:
Les arrestations arbitraires de membres de IRA actuellement en détention ;
•les violences et blessures subies par certains militants ;
•les campagnes de stigmatisation visant à discréditer leur action légitime.
Cette pratique traduit une politique de harcèlement et d’intimidation à l’encontre
d’une organisation reconnue pour son engagement constant contre l’esclavage et les
discriminations fondées sur l’ascendance en Mauritanie.
3. Nos demandes
Au nom du Secrétaire Exécutif du Réseau Sahélien de Lutte contre l’Esclavage,
nous demandons :
1. La libération immédiate et sans condition de tous les membres de IRA
détenus dans le cadre de cette affaire ;
2. L’abandon des poursuites abusives engagées contre les militants ;
3. La prise en charge médicale et la réparation intégrale des préjudices
corporels subis par les militants blessés ;
4. La réouverture et la requalification de l’affaire concernant la mineure de 11
ans ;
5. Le respect des engagements internationaux de la Mauritanie en matière de
lutte contre l’esclavage et de protection des défenseurs des droits humains.
Nous rappelons que la lutte contre l’esclavage ne saurait être criminalisée. Les
défenseurs des droits humains ne doivent pas être traités comme des délinquants
pour avoir exercé leur mission légitime de dénonciation des violations graves des
droits fondamentaux.
Le Réseau Sahélien de Lutte contre l’Esclavage reste mobilisé et se réserve le droit
de saisir les mécanismes régionaux et internationaux compétents.
Fait à Bruxelles le 17 février 2026
Le secrétaire Exécutif
Ali BOUZOU



