L’Australie se dit victime d’une cyberattaque d’un « acteur étatique »

Le gouvernement australien soupçonnerait la Chine avec qui il est en conflit après avoir demandé une enquête sur sa gestion de la pandémie due au coronavirus.

Le Monde avec AFP Publié hier à 04h36, mis à jour hier à 14h08

Le premier ministre australien, Scott Morrison, en conférence de presse avec la ministre de la défense, Linda Reynolds, à Canberra, vendredi 19 juin.
Le premier ministre australien, Scott Morrison, en conférence de presse avec la ministre de la défense, Linda Reynolds, à Canberra, vendredi 19 juin. MICK TSIKA / REUTERS

L’Australie est la cible d’une vaste cyberattaque d’un « acteur étatique » qui vise les systèmes informatiques du gouvernement, d’administrations et d’entreprises, a affirmé, vendredi 19 juin, son premier ministre, Scott Morrison.

M. Morrison a organisé en urgence une conférence de presse à Canberra pour prévenir ses concitoyens des « risques spécifiques » auxquels ils se trouvaient exposés. « Des organisations australiennes sont actuellement visées par un acteur étatique sophistiqué », a-t-il annoncé.

Selon lui, « cette activité cible des organisations australiennes dans toute une gamme de secteurs, à tous les niveaux du gouvernement, de l’économie, des organisations politiques, des services de santé et d’autres opérateurs d’infrastructures stratégiques ».

D’après les médias australiens, la liste des suspects est très réduite, parmi les Etats ayant un savoir-faire dans ce domaine (en dehors des pays occidentaux, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran, Israël ou la Russie). Ils regardaient du côté de la Chine, qui a infligé en mai des droits de douane punitifs à certaines exportations australiennes.

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Zhao Lijian, a assuré vendredi que son pays était « un défenseur énergique de la cybersécurité », qui a « toujours été résolument opposé (…) à toutes les formes de cyberattaques ».

Selon l’agence australienne responsable du renseignement et de la sécurité électronique, cette attaque a été conçue de manière à ne pas pouvoir en déterminer l’origine. Dans cet objectif, les auteurs ont utilisé des logiciels de cyberattaque déjà existants sur le dark Web et librement accessibles, selon la même source.

Il s’agit notamment de « codes d’exploitation »¨C13Cqui ciblent les vulnérabilités d’anciennes versions de produits Microsoft, Telerik, SharePoint et Citrix, ainsi que des logiciels¨C14Cweb shell, qui, après avoir été téléchargés, demeurent sur les serveurs corrompus. Ces attaques ont également fait appel à des techniques de hameçonnage, consistant à envoyer des e-mails contenant des fichiers et des liens et des liens Web ou Office365.Article réservé à nos abonnés¨C15CLire aussi¨C16C¨C17CRegain de tensions entre la Chine et l’Australie

Un Australien condamné à mort pour trafic de drogue

Le gouvernement de M. Morrison avait provoqué la colère de Pékin en appelant à une enquête internationale indépendante sur les origines de la pandémie due au coronavirus, et en dénonçant une diplomatie chinoise agressive et malhonnête. La Chine a répliqué en déconseillant à ses ressortissants l’Australie comme destination pour le tourisme et les études, en menaçant d’autres représailles, et en condamnant un Australien à mort pour trafic de drogue.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Coronavirus : la Chine sur la défensive à l’assemblée de l’OMS

M. Morrison a dit vendredi avoir informé l’opposition de ces attaques informatiques « malveillantes », et exhorté les institutions et entreprises à « se protéger ». Il n’a pas donné de détail technique, mais a précisé que les données personnelles des Australiens n’avaient pas été dérobées et que beaucoup d’attaques avaient échoué.

« Nous encourageons les organisations, particulièrement celles de santé, d’infrastructures stratégiques et de services essentiels à recourir à des experts et à mettre en place des systèmes de défense techniques », a-t-il ajouté.

Le Monde avec AFP

SourceURL:https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/19/l-australie-se-dit-victime-d-une-cyberattaque-d-un-acteur-etatique_6043366_3210.html

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