Mauritanie : les déboires de l’ancien président Aziz

Nouakchott (© 2020 Afriquinfos) – L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est rattrapé par la patrouille. Sa convocation devant une Commission parlementaire chargée d’élucider les crimes économiques commis sous son règne, ne saurait tarder, apprend-t-on du côté de Nouakchott.  

Installée en février 2020, la Commission  parlementaire qui enquête sur les biens mal acquis durant les douze années de règne de Mohamed Ould Abdel Aziz, devrait entendre prochainement l’ancien président. Depuis sa création par les députés de l’opposition, il ne faisait aucun doute que l’ancien homme fort de Nouakchott était dans le collimateur de la commission. En témoigne ses fréquentes révélations sur les malversations opérées sous le précédent régime.

L’ardoise astronomique laissée auprès de la Somelec

Plus récemment c’est l’ardoise astronomique laissée par Ould Abdel Aziz auprès de la Société Mauritanienne d’électricité (Somelec) qui a été révélée. L’ancien Président n’aurait pas sous ses douze années de présidence, payé de factures ni pour ses nombreuses habitations et ses sociétés. Pour lever tout doute sur la véracité de cette information, la commission a publié les copiés de factures impayées de la Somelec. Le préjudice s’élève à 162 millions d’anciennes Ouiguiyas soit 400 000 euros. Ces factures révèlent en outre les nombreux biens immobiliers acquis par l’ancien Chef d’Etat. Des propriétés dans la capitale mauritaniennes mais aussi dans la ville minière d’Akjoujt ainsi que des unités agroindustrielles (une usine d’embouteillage et d’utilisation d’eau minérale ; une usine de produits de la pêche à Nouadhibou ; une zone de décorticage de riz dans le village de Rosso ; et enfin une station de pompage pour une ferme, toujours dans le village de Rosso).

Outre le dossier Somalec, la Commission d’Investigation sur les biens mal acquis doit enquêter sur différentes affaires qui impliquent, selon l’opposition, le plus haut sommet de l’État. Des affaires de trafic de drogue, de passation de marchés jugées obscures, mais aussi celle de la Société nationale industrielle et minière (SNIM) qui impliquerait l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Boniface T.

Afriquinfos

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