Langue arabe et cohésion nationale : la tribune d’Ely Ould Sneiba
Découvrez la tribune d'Ely Ould Sneiba sur la place de la langue arabe en Mauritanie, le bilinguisme et les enjeux de la cohésion nationale face au bilinguisme.

Vous avez dit : imposer l’arabe à des citoyens qui ne sont pas familiers avec cette langue ?
Si cet argument pouvait se comprendre avant l’indépendance, ou du moins avant l’introduction de l’arabe dans le système éducatif, il n’est plus recevable aujourd’hui, car ne pas comprendre l’arabe n’est pas une fatalité.
Cette langue n’est pas la propriété exclusive de ses locuteurs natifs. Il est tout à fait possible de l’apprendre de la même façon que toute autre langue, surtout qu’elle se classe parmi les cinq langues les plus parlées à travers le monde.
Il est à noter aussi que chez nous, il n’existe pas de population francophone native. Dans le meilleur des cas , le français est une langue seconde, bien sûr privilégiée, mais qui reste tout de même étrangère.
En outre, le français a cessé d’être une langue officielle depuis plusieurs décennies.
Soyons conséquents, pour cimenter la cohésion nationale, il est indispensable de disposer d’un socle linguistique commun, et ce socle ne peut être que la langue arabe, pour des raisons purement objectives.
En ce qui concerne, les générations postindépendance, elles ont bénéficié d’un enseignement bilingue, voire trilingue avec l’anglais. Dès lors, comment expliquer qu’après tant d’années d’études, certains ne s’expriment toujours pas en arabe ?
S’agit-il d’un choix délibéré ?
C’est, à n’en pas douter, un parti pris sans équivoque : la volonté manifeste de perpétuer l’esprit des ‘’19’’, ces initiateurs de la fronde anti-arabe, fervents partisans de l’usage exclusif du français.
Ely Ould Sneiba



