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Peut-on parvenir à un équilibre entre arabité et négritude ?

Entre arabité et négritude, la Mauritanie cherche son équilibre. Analyse des tensions linguistiques, du modèle du « trait d’union » et des enjeux d'intégration.

Arabité et négritude

Entre les dynamiques d’intégration et de désintégration nationales, le cas de la Mauritanie apparaît comme une exception singulière. Ce pays n’est ni intégré ni désintégré. Sa trajectoire navigue entre arabité et négritude, sans jamais réussir à trouver son équilibre.
Ce tango était prévisible. L’Etat mauritanien a été créé à partir de plusieurs ethnies issues de deux sphères géoculturelles distinctes, initialement réunies en réaction aux revendications territoriales du Maroc.
Cependant, il aurait été plus simple de faire simple. Mais, la colonisation a ses raisons et ses objectifs stratégiques, qui ne prennent pas en compte l’intérêt collectif des peuples colonisés.
Simplifier, c’était unir les Foutanké de la rive droite du fleuve avec les Sénégalais dans un État unitaire, d’autant que la population négro-africaine se caractérise par le choix des langues coloniales au détriment des langues nationales. Un tel choix écarte tout conflit linguistique, les langues européennes faisant office d’arbitres neutres au milieu d’une mosaïque de parlers africains, parfois de plusieurs centaines.
Et si les Maures, originaires d’Afrique du Nord, s’étaient fédérés avec les Marocains, auraient-ils été confrontés à un crise linguistique récurrente et sans fin ?
Evidemment que non. Leur spécificité culturelle n’aurait pas été altérée, surtout qu’aujourd’hui, la Constitution marocaine intègre explicitement le hassanya dans son article 5, aux côtés d’une identité arabe solidement ancrée depuis des siècles.
Après réflexion, pour bâtir une coexistence harmonieuse, nos pères fondateurs ont cru bon de recourir au « trait d’union ». Si ce signe orthographique s’avère efficace en grammaire, il s’est révélé impuissant à unir deux races. En réalité, il symbolise une identité divisée et fragmentée, plutôt qu’il ne favorise une fusion pleine et entière.
Cet impossible harmonie est illustrée par le célèbre slogan ‘On ne nous imposera jamais l’arabe’, scandé par les nationalistes négro-africains depuis l’indépendance jusqu’à nos jours.
Que veulent-ils, au juste ?
Leur revendication vise à obtenir l’égalité linguistique, c’est-à-dire l’officialisation de toutes les langues nationales, suivie de leur hiérarchisation.
Comment cela ?
Fixer une hiérarchie, c’est déjà déclarer l’inégalité !
En somme, l’idéal serait d’utiliser simultanément les quatre langues du pays, ce qui permettrait d’instaurer une Fonction publique et une Administration nationale pleinement quadrilingues.
Curieusement, si un ministre choisissait d’employer exclusivement l’arabe, cela pourrait être perçu comme un acte d’exclusion, voire de racisme. En revanche, s’il utilise le français, la démarche est jugée juste et normale.
Messieurs, si la langue arabe vous pose un problème, c’est par repli identitaire.
Pourquoi le monolinguisme en français serait-il acceptable, alors que le monolinguisme en arabe ne l’est pas du tout ? Quelle est cette logique ?

Ely Ould Sneiba
Le 23 octobre 2026

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