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Mauritanie : trois journalistes interpellés sans motif, l’UJPLA dénonce le « silence » des autorités

L'UJPLA dénonce l'arrestation en Mauritanie de trois journalistes (Hacen ould Lebatt, Oussama ould Youssouf, Hanevi ould Dahah) sans motif communiqué. Découvrez les détails de cette affaire liée à la cybercriminalité.

L’Union des journalistes de la presse libre d’Afrique (UJPLA) monte au créneau et dénonce l’absence de motifs officiels communiqués.
Arrestations en série, garde à vue prolongée et mutisme des autorités : le climat se tend pour la presse mauritanienne. Suite à l’interpellation de trois journalistes le 14 octobre, l’UJPLA rompt le silence et exige des clarifications immédiates de la part du gouvernement. Entre soupçons de chantage, controverses sur les lois cybercriminalité et défense du droit d’informer, retour sur une affaire qui secoue Nouakchott.

Nouakchott, 15 octobre 2026. L’Union des journalistes de la presse libre d’Afrique (UJPLA) a alerté, dans un communiqué publié ce jeudi, sur l’arrestation de journalistes et de blogueurs en Mauritanie. Elle réclame la publication des motifs des interpellations et le respect des droits des personnes détenues.

Trois journalistes concernés le 14 octobre

Selon l’organisation, la brigade de lutte contre la cybercriminalité convoque et arrête depuis plusieurs jours des journalistes et des blogueurs. Ces procédures s’inscrivent dans un dossier de soupçons de chantage et de trafic d’influence, ouvert juste après les incendies des centrales électriques à Nouakchott et à l’intérieur du pays, et à la veille du dernier remaniement ministériel.

Le mercredi 14 octobre, trois journalistes ont été touchés : Hacen ould Lebatt, Oussama ould Youssouf et Hanevi ould Dahah. L’UJPLA affirme qu’aucun motif d’arrestation ne leur a été communiqué.

Une détention de plus de 16 jours

L’organisation évoque aussi la situation de la sœur et du frère de Sidi Kmach, blogueur en exil aux États-Unis. Détenus depuis plus de 16 jours, ils seraient sans contact avec leurs proches et leurs avocats.

Le gouvernement renvoie à la justice

Lors de la conférence de presse qui a suivi le conseil des ministres du 14 octobre, plusieurs journalistes ont interrogé le porte-parole du gouvernement par intérim, Mohamed Melainine ould Eyih. Celui-ci a répondu que le dossier relevait de la justice et que le gouvernement attendait les résultats de l’enquête. Il a ajouté que, dans les dossiers soumis à la justice, les autorités ne s’ingèrent pas.

Selon des informations qui circulent, citées par l’UJPLA, ces arrestations feraient suite à la diffusion d’informations sans preuves tangibles et à des activités liées à des transferts d’argent. Dans le cas de Hanevi ould Dahah, elles seraient liées à une publication sur les réseaux sociaux. Le journaliste a indiqué ce matin que sa publication avait été mal interprétée et qu’il n’avait jamais eu l’intention de nuire à l’image du chef de l’État, protégée par la loi sur les symboles de l’État. Il a présenté ses excuses et a été relâché.

« Un journaliste n’est pas au-dessus des lois »

L’UJPLA précise qu’elle condamne sans réserve le chantage, le trafic d’influence et la diffusion d’informations non vérifiées. Mais elle estime que l’on ne combat pas les abus en arrêtant dans le silence, ni en faisant peur à la presse.

L’organisation formule plusieurs demandes :

la publication sans délai des motifs des arrestations ;
l’accès des détenus à leurs avocats et à leurs familles, dans le respect des délais légaux de garde à vue ;
la libération de tout journaliste détenu pour des faits liés à l’exercice de sa profession, et un procès équitable pour toute personne poursuivie sur la base de preuves.
Elle alerte également sur l’usage des lois relatives à la cybercriminalité et aux symboles de l’État comme instruments de restriction de la liberté d’expression. Elle appelle enfin les journalistes et les blogueurs à la rigueur professionnelle, le public à se méfier des rumeurs, et les organisations de journalistes à rompre le silence et à se mobiliser.

Le communiqué, fait à Abidjan le 15 octobre 2026, est signé du président de l’UJPLA, Yao Noël. L’organisation indique qu’elle continuera de suivre le dossier.

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