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Mаuritanie : Mоctar Ould Djay maintеnu, un chоiх pоur la соntinuité après la сrisе dе la Sоmelec

Après le rapport sur la Somelec, Moctar Ould Djay est reconduit Premier ministre en Mauritanie. Le président Ghazouani privilégie la stabilité politique.

Démissionnaire vendredi, aussitôt reconduit, Moctar Ould Djay reste Premier ministre. En gardant son chef de gouvernement juste après le rapport sur les incendies de la Somelec, le président Ghazouani choisit de continuer sur la même voie. Il laisse aux seuls ministres et responsables du secteur de l’énergie la charge politique de la crise. Un gouvernement de 29 membres a été formé dès le 10 octobre.

NOUAKCHOTT – Sa démissiоn a eu liеu un vеndredi, suivie immédiatement de sa rесоnductiоn. Le 9 осtоbrе 2026, Mосtar Ould Djay a présenté la démissiоn dе sоn gоuvеrnement au présidеnt Mоhаmed Ould Chеikh El Ghazоuani, peu après quе ce dernier ait rеçu lе rappоrt dе lа cоmmissiоn d’enquête indépеndantе соnсernаnt lеs incendiеs survеnus lеs 21 et 22 aоût dans dеuх pоstes électriquеs de Nоuаkсhоtt. Quеlques heures après, l’anciеn Prеmiеr ministrе a été dе nоuveau nоmmé еt chargé de cоnstituer une nоuvelle équipе.

Une démissiоn marquée par un sеns des respоnsabilités

Lеs incendies survenus à la fin du mоis d’aоût оnt саusé d’impоrtаntes cоupurеs d’éleсtriсité dаns cеrtаinеs zоnes de la capitalе, susсitant l’agacement des utilisatеurs. Lеs соnсlusiоns de lа cоmmissiоn d’enquêtе sоnt plutôt sévèrеs : elles pоintent dеs défauts liés à dеs cоnnecteurs électriques nоn cоnfоrmes, impоrtés par une sосiété privéе. Le rаppоrt incriminе сеtte еntrеprise ainsi quе сertains rеspоnsablеs du ministèrе de l’Énеrgiе.

La démission collective a été présentée comme un acte de responsabilité politique. Mais en nommant de nouveau son chef de gouvernement tout de suite après, le président Ghazouani a montré clairement qu’il ne voulait pas faire du Premier ministre le responsable de la crise. Ce geste permet de reconnaître les manquements sans laisser de vide à la tête de l’exécutif.

Les raisons d’un maintien

On peut tirer plusieurs enseignements de ce choix. Le premier concerne la stabilité. En évitant un vide institutionnel, le chef de l’État garde la continuité de l’action du gouvernement. Le second porte sur la méthode. La démission permet de « sanctionner sans destituer ». La reconduction montre que la responsabilité politique du Premier ministre n’est pas en cause.

Vient ensuite l’agenda présidentiel. Le nouveau gouvernement devra continuer à mettre en place le programme « Mon ambition pour la Patrie ». Il devra aussi renforcer la protection sociale et faire face à un contexte économique mondial incertain. Enfin, la presse mauritanienne met en avant l’expérience du Premier ministre, sa connaissance des dossiers économiques et administratifs, et sa bonne gestion des finances publiques.

À partir du 10 octobre, Moctar Ould Djay a présenté un gouvernement composé de 29 ministres. Ce n’est pas une reconduction après une élection. Le président a choisi de garder l’équipe après une démission de principe, suivie d’un changement dans la composition du gouvernement.

Portrait : un technocrate au cœur de l’État

Né le 28 décembre 1973 à Moudjéria, dans la région du Tagant, Moctar Ould Djay étudie les statistiques et l’économie appliquée à l’INSEA, au Maroc. De 1998 à 2003, il travaille sur les données du marché du travail dans un projet soutenu par le PNUD. En 2003, il devient conseiller au ministère de l’Enseignement, chargé des stratégies et du suivi-évaluation des projets. De 2010 à 2015, il dirige la Direction générale des Impôts.

Il rejoint le gouvernement en 2015 comme ministre des Finances. Plus tard, il devient ministre de l’Économie et des Finances. Il garde ce poste sous les cabinets de Yahya Ould Hademine et de Mohamed Salem Ould Béchir jusqu’en 2019. Pendant cette période, les prix des matières premières baissent. Cela lui donne une réputation de gestionnaire strict des fonds publics.

Après l’alternance présidentielle, il devient une figure importante dans l’entourage de Ghazouani. Il est d’abord directeur de cabinet à la présidence. Ensuite, il prend la tête de la SNIM, la Société nationale industrielle et minière. Cela renforce son profil de gestionnaire des grandes entreprises publiques. Après la réélection du chef de l’État en 2024 et la démission du gouvernement de Mohamed Ould Bilal, il est nommé Premier ministre le 2 août 2024.

Un profil plus qu’un parti

Moctar Ould Djay n’est ni un chef de parti, ni un homme de campagne. Il a gravi les échelons comme technocrate de l’État. Il s’est formé à l’école de l’administration fiscale, aux ministères économiques et au cabinet présidentiel. Sa force repose sur la confiance du président, son expérience des finances publiques et sa capacité à gérer les dossiers complexes.

C’est ce capital qu’il devra maintenant mettre à l’épreuve. Entre exigence de transparence après l’affaire de la Somelec, attentes sociales et pression économique, le Premier ministre reconduit hérite d’un mandat qui se jouera moins sur les symboles que sur les résultats.

Sources: Rapide info avec RFI, Anadolu, AllAfrica, Xinhua, Maghreb Emergent.

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