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Remaniement en Mauritanie : Ould Diay renforce son pouvoir

Le remaniement de Moctar Ould Diay redessine les équilibres du pouvoir en Mauritanie. Consolidation politique, crise de la Somelec et enjeux de 2029 : analyse.

Portrait d'Abdoulaziz Deme, auteur de la tribune sur les inondations à NouakchottLe remaniement de Moctar Ould Diay se lit d’abord comme un repositionnement du Premier ministre au sein du sommet de l’État : en écartant deux poids lourds Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine à l’Intérieur et Hanena Ould Sidi à la Défense il affaiblit des pôles influents du dispositif présidentiel et renforce, au moins formellement, sa marge de manœuvre gouvernementale.

Une recomposition, pas une rupture !

Le gouvernement passe de 25 à 29 ministres ; 12 ministres sortants ne sont pas reconduits et six changent de portefeuille.
Les Affaires étrangères et la Justice restent toutefois entre les mêmes mains, ce qui indique une continuité diplomatique et judiciaire malgré le renouvellement.

Trois lectures possibles !
1. Une consolidation d’Ould Diay. En faisant disparaître deux ministres avec lesquels les rapports de force n’étaient pas toujours simples, le Premier ministre apparaît comme le principal bénéficiaire apparent du remaniement.

2. C’est la lecture avancée par des observateurs mauritaniens, qui y voient une marque plus nette de son autorité sur la nouvelle équipe.

3. Une préparation à l’horizon 2029.

Le remaniement intervient dans un climat politique tendu autour des appels, au sein de la majorité, à un troisième mandat du président Ghazouani. Retirer des acteurs puissants de l’Intérieur et de la Défense peut donc aussi viser à réorganiser les relais du pouvoir avant une phase politique plus sensible.

4. Une réponse à la crise de crédibilité.
La démission du gouvernement a suivi la publication du rapport sur les incendies de la Somelec, qui pointait des dysfonctionnements, des responsabilités et l’usage de documents falsifiés.
Le départ du ministre de l’Énergie est dans ce cadre une sanction apparente ; mais le remplacement simultané des titulaires de l’Intérieur et de la Défense élargit l’opération au-delà de la seule gestion énergétique.

Ce qu’il faut retenir !

Ce n’est pas un simple ajustement technique : c’est un remaniement qui redessine les équilibres au sommet de l’État.
Ould Diay conserve le poste, obtient une équipe élargie et voit partir deux figures majeures ; mais la vraie question reste de savoir si les nouveaux ministres de l’Intérieur et de la Défense seront de véritables relais du Premier ministre ou des personnalités choisies pour préserver l’équilibre avec la présidence.

La prudence s’impose : sans déclaration officielle expliquant ces départs, l’interprétation la plus solide est celle d’une double logique sanction et renouvellement après la crise de la Somelec, et recomposition des rapports de force entre présidence et primature.

Abdoulaziz DEME

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