Mauritanie : Mokhtar Ould Djay fait le point sur sept années d’action présidentielle.

Analyse de l’allocution du Premier ministre Mokhtar Ould Djay : réformes de fond, justice sociale avec l’agence Taazour et nouvelle narrative politique pour la Mauritanie.
À l’heure du bilan de sept années d’action présidentielle sous Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le Premier ministre Mokhtar Ould Djay a livré devant les cadres de la majorité une allocution stratégique axée sur la méthode, la justice sociale et la bataille des idées. Refusant l’inventaire technique, le chef du gouvernement a réaffirmé un cap fondé sur des réformes de fond — de la souveraineté économique au chantier de l’École Républicaine —, renforcées par la solidarité nationale incarnée par l’agence Taazour. Face au scepticisme et aux défis de la désinformation, cette intervention pose les jalons d’un récit politique unifié, visant à restaurer la confiance citoyenne et à consolider le contrat républicain mauritanien.
Sept ans. Dans le temps politique d’une nation, sept années représentent à la fois un souffle et un test de maturité. À l’heure d’effectuer le bilan de l’action présidentielle de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, le Premier ministre Mokhtar Ould Djay a fait un choix pragmatique et courageux lors de son allocution devant les cadres de la majorité : plutôt que de s’égarer dans un inventaire à la Prévert ou d’égrener une liste technique de réalisations, il a préféré fixer une doctrine, structurer une vision et réaffirmer un cap.
Une rupture méthodologique : Sortir de l’improvisation
La première ambition affichée est celle de la méthode. Face aux aléas régionaux et à l’instabilité qui secoue le Sahel, la Mauritanie a fait le choix de la rigueur institutionnelle contre le populisme et l’improvisation.
Cette « méthode Ghazouani » s’articule autour de fondations claires :
– Une exigence de souveraineté : Sécuritaire d’abord, dans un environnement complexe, mais aussi économique et financière, en privilégiant la mobilisation des ressources nationales pour préserver l’indépendance de la décision publique.
– Un pari sur l’avenir : À travers la modernisation de l’État, la numérisation des concours administratifs pour consacrer le mérite, et surtout le chantier structurant de l’École Républicaine — pierre angulaire de la cohésion nationale et levier ultime contre les fractures sociales.
Cette trajectoire stratégique ne s’affranchit pas pour autant de la réalité du quotidien. En adossant ces réformes de fond à un pôle de justice sociale ambitieux — porté notamment par l’agence Taazour et l’accompagnement des plus vulnérables —, le pouvoir cherche à démontrer que la rigueur budgétaire peut converger avec la solidarité nationale. Les réussites scolaires des élèves issus du Registre Social en sont l’un des marqueurs les plus symboliques.
Gagner la bataille du récit politique
Mais une vision ne vaut que si elle est comprise et partagée. C’est le second message fort du chef du gouvernement : l’urgence d’unifier la narrative politique. À l’ère des réseaux sociaux et de la désinformation rapide, accumuler des résultats physiques ne suffit plus. Il faut leur donner du sens.
Pour soutenir les ambitions portées par les programmes présidentiels, la majorité politique est appelée à sortir de la réserve, à faire de la pédagogie et à porter fièrement le bilan. L’objectif n’est pas seulement de répondre aux critiques de l’opposition, mais d’occuper le terrain des idées par un discours structuré, cohérent et transparent.
Restaurer la confiance, le vrai capital d’une nation
Enfin, cette tribune orale visait à s’attaquer au mal silencieux qui guette souvent les démocraties en construction : le défaitisme. Face au scepticisme ambiant et aux discours de résignation, Mokhtar Ould Djay a rappelé que le premier moteur du développement reste la confiance citoyenne.
Les fondations posées au cours de ce septennat n’ont pas seulement vocation à stabiliser l’État ; elles doivent offrir des perspectives lisibles et crédibles à la jeunesse mauritanienne. En réaffirmant le primat de la règle de droit, de l’équité sociale et de la rigueur, le Premier ministre rappelle que la politique demeure avant tout un contrat républicain renouvelé avec l’avenir.
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