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Biram Dah Abeid : « Sept années de pouvoir à l’épreuve des faits » en Mauritanie

Découvrez la réaction du député Biram Dah Abeid au bilan des 7 ans de pouvoir en Mauritanie : corruption, gouvernance, fiscalité et démocratie passées au cribles.

Dans une tribune d’analyse au vitriole, le député Biram Dah Abeid dresse un bilan sans concession des sept années de pouvoir présidentiel en Mauritanie. Entre fiscalité prédatrice, failles de gouvernance et flou constitutionnel, il appelle à une rupture politique urgente.

C’est un document au vitriol publié ce mois-ci, le député et figure majeure de l’opposition mauritanienne, Biram Dah Abeid, passe au crible les sept années de présidence à l’épreuve des faits. Entre dénonciation d’une corruption devenue systémique, inquiétudes sur l’avenir constitutionnel, pression fiscale asphyxiante et dégradation des libertés publiques, le leader politique pointe l’écart béant entre la communication officielle du pouvoir et le quotidien des citoyens. Face aux défaillances des services publics essentiels et à l’absence de vision stratégique malgré l’accroissement des ressources nationales, il met en garde contre les risques de rupture sociale et appelle à refonder le contrat national autour de réformes structurelles majeures. Il somme enfin le pouvoir d’écouter la réalité vécue par le peuple, exigeant une justice égale pour tous, la protection des contre-pouvoirs et des réponses claires sur le respect de l’alternance démocratique.

Propos Général et Contexte

Ce document de 15 sections constitue une analyse critique détaillée du bilan de sept années de pouvoir du Président de la République mauritanienne, publiée en réaction à sa récente conférence de presse. Biram Dah Abeid y dénonce un décalage profond entre le récit officiel du pouvoir (chiffres d’investissements, projets annoncés) et la réalité vécue par les Mauritaniens (dégradation du pouvoir d’achat, manque d’infrastructures de base, précarité).

 Les axes majeurs du document

1. Une gouvernance sans vision globale

  • Approche technocratique : Le pouvoir privilégie la collecte de taxes, la multiplication de comités et le contrôle administratif au détriment d’une transformation structurelle (santé, éducation, emploi, énergie).

  • Isolement présidentiel : Le Président est décrit comme « prisonnier » d’une élite d’intérêts et de courtisans qui lui masquent la réalité sociale et s’enrichissent sur les deniers publics.

2. Flou sur l’avenir constitutionnel

  • Ambiguïté autour des mandats : L’auteur déplore le refus du chef de l’État de clarifier fermement son engagement à ne pas modifier les verrous constitutionnels limitant le nombre de mandats présidentiels à l’horizon 2029.

3. Corruption systémique et opacité

  • Impunité et favoritisme : Critique sévère de l’absence de poursuites réelles après la publication des rapports de la Cour des comptes et de l’Inspection Générale d’État.

  • Gré à gré et marchés publics : Dénonciation du capitalisme de connivence et de l’attribution opaque des marchés publics aux proches du régime ou à certains acteurs du patronat.

  • Exemple du « couvre-feu énergétique » & dossier Addax : L’impossibilité de gérer les stocks d’hydrocarbures (dépôt de Nouakchott à l’abandon depuis 19 ans) et la dépendance aux monopoles privés démontrent une absence d’autonomie stratégique.

4. Pression fiscale prédatrice et aides d’assistance

  • Fiscalité asphyxiante : Une pression fiscale disproportionnée qui étouffe le secteur privé, pousse plus de 80 % de l’économie vers l’informel et plombe les ménages les plus fragiles.

  • Aides sociales (Taazour) : Ces programmes sont qualifiés de mesures d’assistance ponctuelle ne permettant pas l’autonomisation durable ni l’éradication de la pauvreté.

5. Rétrécissement de l’espace démocratique et droits humains

  • Loi sur les Symboles : Utilisée comme outil d’intimidation contre les voix critiques, les journalistes et les lanceurs d’alerte.

  • Attaque contre l’opposition et le Parlement : Non-reconnaissance de partis politiques d’opposition, atteintes à l’immunité parlementaire et détentions d’élues et de militants.

  • Passif humanitaire et cohésion nationale : Appel à un vrai processus de justice transitionnelle (vérité, réparation, abrogation de la loi d’amnistie) plutôt qu’à de simples discours.

 Conclusion & Recommandations de l’auteur

Biram Dah Abeid appelle à un changement radical de mode de gouvernance pour restaurer la confiance :

  • Assurer une transparence totale de la commande publique et protéger les lanceurs d’alerte.

  • Consolidariser et respecter strictement les verrous constitutionnels.

  • Réorienter les ressources vers des investissements productifs et structurants.

  • Libérer l’espace public et démocratique.

Lire le document en PDF : Réaction à la conférence de presse du Président de la République

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