Troisième mandat : une clarification prématurée – Dahane Taleb Ethmane
Pour Dahane Taleb Ethmane, l'engagement du président sur la Constitution n'exclut pas une révision des mandats. Analyse d'une ambiguïté politique

« Déclarer qu’il ne violera pas la Constitution n’exclut pas une révision de la limitation des mandats. Sans refus explicite d’amender ces articles, l’ambiguïté reste entière. » — Dahane Taleb Ethmane
Nombre de commentateurs ainsi que les journalistes présents à la conférence de presse présidentielle ont considéré que le président avait définitivement écarté l’hypothèse d’un troisième mandat. Cette lecture me paraît pourtant prématurée. Sa déclaration n’avait rien de véritablement catégorique puisqu’il il s’est contenté d’affirmer qu’il ne violerait pas la Constitution, sans exclure une révision de ses dispositions relatives à la limitation des mandats. Or, si ces dispositions venaient à être modifiées, une nouvelle candidature ne constituerait plus, formellement, une violation de son engagement, puisqu’elle deviendrait conforme à la Constitution… amendée.
La seule position réellement claire consisterait donc à déclarer sans équivoque qu’il refusera toute modification de ces articles et qu’il ne sollicitera pas un troisième mandat. Si telle était sa conviction définitive, il l’aurait proclamé avec force, tant une telle clarification renforcerait sa crédibilité politique et la confiance placée en lui.
Mais il est également possible que cette ambiguïté soit délibérée car le président peut choisir de maintenir le doute sur cette question fondamentale afin de l’utiliser comme carte politique le moment opportun.
Dahane Taleb Ethmane



