Conseil des ministres : Énergie, transparence budgétaire et réformes minières au cœur des annonces gouvernementales

Découvrez les grandes annonces du gouvernement mauritanien : énergie, centrale à gaz de N’Diago, discipline budgétaire en 2025 et nouvelles régulations minières.
Point de presse du gouvernement : cap sur l’énergie, la rigueur budgétaire et les réformes structurantes
Nouakchott, le 24 Juin 2026 — Plusieurs membres du gouvernement ont pris la parole mercredi soir lors du traditionnel point de presse hebdomadaire pour commenter les décisions phares du Conseil des ministres tenu plus tôt dans la journée. Autour de M. Houssein Ould Meddou, ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, se trouvaient M. Mohamed Ould Mohamed Malainine Ould Khaled, ministre de l’Énergie et du Pétrole, ainsi que M. Dy Ould Zein, ministre des Mines et de l’Industrie.
En introduction, le porte-parole du gouvernement a dressé le panorama des textes examinés et adoptés par le Conseil. Ce dernier s’est penché sur des dossiers hautement stratégiques, allant du règlement définitif du budget de l’État pour l’année 2025 à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en passant par l’encadrement strict de l’exploitation des eaux minérales et l’attribution de nouveaux permis miniers.
Transition énergétique : Le grand virage gazier de N’Diago
Prenant le relais, le ministre de l’Énergie et du Pétrole a détaillé le projet d’envergure de la centrale à gaz à cycle combiné de N’Diago, dotée d’une capacité de 230 MW. Ce projet s’inscrit dans une vision de long terme initiée il y a dix-huit mois, visant à assurer l’autonomie et la sécurité énergétiques de la Mauritanie à travers le modèle du Partenariat Public-Privé (PPP).
Les contrats validés seront conclus avec le géant saoudien ACWA Power Company pour une durée d’exploitation de 25 ans. L’architecture contractuelle repose sur deux piliers : un accord PPP direct entre l’État et l’opérateur, et un contrat d’achat d’énergie liant la SOMELEC à ACWA Power. Tandis que l’État mauritanien prendra en charge la construction du gazoduc reliant le port de N’Diago, la SOMELEC déploiera une ligne à haute tension connectée au champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA).
Les retombées économiques et écologiques s’annoncent massives :
– Un gain direct estimé à 7 milliards d’ouguiyas.
– Une baisse drastique des charges de la SOMELEC par la réduction de sa dépendance au fuel.
– Une empreinte carbone significativement allégée et des opportunités d’emplois locaux majeures.
Par ailleurs, face aux questions des journalistes sur les infrastructures de distribution, le ministre a mis en avant le bilan du programme d’urgence de Nouakchott (42 postes électriques construits, plus de 380 km de câbles déployés). Interpellé sur les délestages récents à Atar, il a rassuré sur le retour à la normale grâce à la réparation en cours des groupes électrogènes et l’injection d’un nouveau groupe de 1,7 MW. Enfin, concernant les prix du carburant, il a réaffirmé la souveraineté de l’État qui maintient ses subventions mensuelles pour protéger les consommateurs des fluctuations internationales.
Mines et Industrie : Vers une régulation stricte et inclusive
À son tour, le ministre des Mines et de l’Industrie a présenté un projet de décret crucial pour l’harmonisation du secteur des eaux minérales naturelles. Sur la quarantaine de licences octroyées en Mauritanie, seules 17 à 18 sont actuellement actives. Pour assainir ce marché, la nouvelle réglementation impose des barrières techniques et financières strictes : caution de 2 millions d’ouguiyas, obligation de disposer d’un laboratoire interne, contrôles inopinés du ministère et traçabilité absolue des lots pour contrer toute fraude sanitaire. Les licences seront limitées à 3 ans pour l’exploration et 10 ans renouvelables pour l’exploitation effective.
Sur le front minier, le ministre a officialisé le lancement imminent de la mine d’or de Ghabou (wilaya du Guidimakha), opérée par SD Mining Ghabou SA. Ce projet va générer entre 1 000 et 1 200 emplois. Rappelant la doctrine nationale, le ministre a insisté sur la priorité absolue accordée à la main-d’œuvre locale. Les compétences étrangères ne seront sollicitées qu’à titre transitoire avec une obligation de mauritanisation des postes sous 2 à 3 ans, à l’instar du modèle réussi de Tasiast (aujourd’hui mauritanienne à 98 %).
Transparence budgétaire : Résilience et rigueur en 2025
Le porte-parole du gouvernement a conclu le point de presse en exposant la loi de règlement définitif du budget 2025. Dans un contexte mondial morose (croissance globale freinée à 2,3 % et inflation à 4,3 %), l’économie mauritanienne a fait preuve d’une résilience remarquable avec une croissance réelle de 4 % en 2025, solidement épaulée par le secteur non extractif (+5,1 % dans l’agriculture, la pêche et le BTP).
Le grand succès de cet exercice réside dans la maîtrise du déficit budgétaire réel, ramené à seulement 1,05 milliard d’ouguiyas (soit 0,3 % du PIB), contre une prévision initiale de 6,38 milliards d’ouguiyas — une réduction spectaculaire de 82,3 % par rapport à 2024. Cette performance s’explique par une hausse de 22,6 % des recettes fiscales, fruit de la modernisation du recouvrement, conjuguée à une augmentation de 21,5 % des investissements publics orientés vers les infrastructures nationales.
Dialogue politique, Défense et Sécurité
En fin de séance, M. Houssein Ould Meddou s’est exprimé sur les sujets d’actualité nationale :
– Dialogue politique : La transmission des rapports de la majorité et de l’opposition au coordinateur marque une étape décisive. Le Président de la République se pose en garant neutre et inclusif de ce processus.
– Forces armées : La révision des textes vise simplement à codifier le devoir de réserve et le secret professionnel des officiers, encadrant notamment leur droit à l’engagement politique à l’issue d’une période de 5 ans post-retraite.
– Lutte contre le terrorisme : Saluant le modèle mauritanien de déradicalisation, le ministre a évoqué la libération récente de 9 anciens détenus salafistes ayant formellement exprimé leur repentir auprès des imams. Une décision prise en toute souveraineté par l’État mauritanien, conciliant réinsertion et vigilance sécuritaire absolue.
Le gouvernement réaffirme ainsi sa double ambition : accélérer le développement industriel et énergétique du pays tout en maintenant un cadre macroéconomique stable, transparent et sécurisé.
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