Pourquoi l’enrôlement des populations reste un problème sans solution en Mauritanie ?
Pourquoi l’enrôlement des populations reste un problème sans solution en Mauritanie ?
Un débat qui ne clôt pas, alors que la sous-région a déjà tourné la page.
Depuis plus de onze ans, la Mauritanie traîne un dossier qui devrait être clos : l’enrôlement de ses populations à l’état civil. Lancée en 2011, cette opération biométrique vise à établir un état civil sécurisé pour tous les citoyens. Mais au lieu de fermer ce chapitre, le pays le voit s’éterniser, tandis que ses voisins de la sous-région ont déjà clôturé le débat.
Pourquoi, aujourd’hui encore, le gouvernement mauritanien n’arrive-t-il pas à résoudre ce problème fondamental ?
Un processus lancé, mais jamais terminé
La campagne d’enrôlement a été initiée en juin 2011 dans l’objectif d’inscrire tous les Mauritaniens majeurs non recensés .
Plus de dix ans après, des millions de citoyens pourraient se retrouver, selon les inquiétudes, « apatrides ou étrangers dans leur propre pays » si ils ne sont pas enrôlés avant les dates-butoirs successives .
La dernière date fixée était le 31 décembre 2023, mais elle a dû être prolongée face aux nombreuse difficultés rencontrées.
Ces obstacles entravent l’accès à l’identité de milliers de Mauritaniens, en particulier les personnes déplacées, les rapatriés, les populations Haratines et noirs -mauritaniennes .
Une controverse politique et communautaire
L’enrôlement n’est pas seulement une question administrative : il est devenu un enjeu politique sensible. La frange noirs – mauritaniens de la population accuse le processus d’être discriminatoire, parlant même de « génocide biologique »
. Les mouvements des droits de l’homme et certaines ONG « dénonce des méthodes exclusionnistes de l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés (ANRPTS)
Certains analystes voient même dans l’enrôlement une volonté de « fausser les équilibres actuels dans l’évolution démographique » du pays, notamment via l’enrôlement d’étrangers (Sahraouis, Azawadis) .
Un contraste avec la sous-région.
Alors que la Mauritanie stagne, ses voisins de la sous-région ont déjà bouclé leurs campagnes d’enrôlement et sécurisé l’état civil de leurs populations.
La Mauritanie, seule, continue de vivre avec ce dossier ouvert, créant une injustice de fait pour des citoyens qui ne peuvent accéder à leurs droits fondamentaux : éducation, santé, droit de vote .
La question qui demeure !
Pourquoi le gouvernement mauritanien n’arrive-t-il pas, comme tous les autres pays de la sous-région, à clôturer ce débat depuis plus de onze ans ou plus ?
Les réponses possibles incluent :
Une volonté politique indéterminée face à un dossier politiquement sensible sois disant.
Des difficultés techniques et logistiques non résolues.
Des tensions communautaires qui complexifient l’authentification des identités
Une absence de loi cadre définissant clairement les règles d’enrôlement.
Pour conclure : L’enrôlement, un droit fondamental.
L’enrôlement à l’état civil n’est pas une option : c’est un droit fondamental. Sans numéro national d’identification, des citoyens se retrouvent exclus de leurs droits essentiels.
La prolongation de la campagne est nécessaire pour que la Mauritanie respecte ses engagements régionaux et internationaux en matière de protection des droits humains .
Il est temps que le gouvernement mauritanien prenne ses responsabilités et clôt ce débat, comme l’ont fait ses voisins. La cohésion nationale et la paix sociale du pays en dépendent.
Abdoulaziz DEME simple observateur politique
Le 18 Juin 2026



