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Ghazouani et la question du troisième mandat : un débat récurrent malgré les garde-fous constitutionnels

Ghazouani et la question du troisième mandat : un débat récurrent malgré les garde-fous constitutionnels.

Par Abdoulaziz DEME le 11 juin 2026.

Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, connu pour sa silhouette ascétique, fait à nouveau parler de lui.

Mais cette fois, ce n’est pas pour ses politiques économiques ou sa gestion sécuritaire du Sahel.
La question qui circule dans les couloirs du pouvoir et sur les plateformes sociales est plus inattendue : quand Ghazouani quand il se réveille le matin pense-t-il au troisième mandat ?

Un mandat qui limite
Le chef de l’État, militaire de carrière de 69 ans, arbore depuis longtemps des lunettes de vue.
Mais dans le contexte politique actuel, qui suscite des interprétations politiques.
La Constitution mauritanienne est formelle : deux mandats présidentiels maximum, chacun d’une durée de cinq ans .
L’article 28 de la loi fondamentale est explicite : « Le président de la République est rééligible une seule fois » .

Ghazouani, élu en 2019 et réélu dès le premier tour en juin 2024 avec 56,12% des voix, entame actuellement son second et dernier quinquennat .
Le spectre du troisième mandat plane
Pourtant, à peine quelques semaines après son investiture pour son second mandat en août 2024, le débat sur un éventuel troisième mandat s’est invité dans l’actualité politique .

Le président du Conseil constitutionnel, M. Bathia Mamadou Diallo, a dû mettre fermement en garde contre toute spéculation sur un troisième mandat lors de la prestation de serment, qualifiant ces débats d’« inutiles » et d’« inappropriés »
Ce débat, selon lui, risque de « monopoliser le paysage politique et de causer des dégâts considérables, comme cela a pu être observé dans d’autres pays africains » .

En octobre 2025, un article du journal Shems Maarif titrait déjà : « Le troisième mandat : un faux débat, une vraie diversion » .

L’auteur soulignait que « la Constitution mauritanienne est formelle : deux mandats, pas un de plus » et que le président « vient tout juste d’être investi pour son second quinquennat » .
Des tensions récentes en 2026
Le sujet n’a pas disparu. En avril 2026, lors de discussions préparatoires à un dialogue national entre la majorité présidentielle et deux coalitions d’opposition, les échanges « butent sur un point unique mais explosif : le nombre de mandats présidentiels » .

L’opposition accuse le pouvoir de vouloir modifier la Constitution pour offrir un troisième mandat au chef de l’État .
L’opposition exige des garanties explicites qu’« aucune révision constitutionnelle ne sera engagée pour permettre un troisième quinquennat » .
Le parti au pouvoir, l’Insaf, assure qu’« un troisième mandat n’a jamais été à l’ordre du jour » et dénonce un « procès d’intention » .
Ghazouani écarte-t-il officiellement le troisième mandat ?

Selon des informations communiquées par le coordinateur du dialogue, Moussa Fall, le président Ghazouani aurait clairement écarté toute candidature à un troisième mandat .

Cette déclaration, selon les sources, « rebat les cartes d’un débat politique enlisé depuis plusieurs semaines » .
Cependant, l’opposition maintient sa vigilance. Mohamed Maouloud, haut responsable de l’opposition, a lancé un « appel solennel » au chef de l’État en mai 2026, l’invitant à « lever l’obstacle de la tentative, par la majorité, d’inscrire à l’agenda des débats la question d’un troisième mandat présidentiel » .
Pour certains soutiens, Ghazouani rappellerait la franchise et la transparence du président.

Pour certains critiques, il pourrait symboliser une volonté de « couper » avec les limites constitutionnelles.
La réalité juridique est cependant claire : toute révision de la Constitution pour permettre un troisième mandat serait considérée comme inconstitutionnelle tant que l’article 28 n’est pas modifié .
De plus, l’article 29 oblige le président à ne prendre « aucune initiative pouvant entraîner la révision des dispositions constitutionnelles relatives à la durée du mandat » .
Pour conclure : gouverner plutôt que spéculer
Comme l’écrivait Shems Maarif une agence de presse en octobre 2025 : « Le vrai patriotisme, ce n’est pas d’appeler à un troisième mandat. C’est de faire réussir le second » .

Le président Ghazouani a été réélu pour réussir, avec cinq ans pour le faire .
Alors, quand Ghazouani se réveil chaque matin, pense-t-il au troisième mandat ?

La réponse officielle du pouvoir est non .

Mais dans l’atmosphère politique. mauritanienne, où le spectre du troisième mandat plane comme une ombre , chaque geste du président est scruté, interprété, politisé.
Ce qui reste certain, c’est que les prochaines élections auront lieu en 2029 .
Et que, pour l’heure, le président doit se concentrer sur son programme : améliorer la situation des jeunes, créer les conditions de l’émergence économique et maintenir la stabilité sécuritaire dans un Sahel troublé.

Ma contribution explore une question qui divise l’opinion mauritanienne. Le respect de la Constitution et l’alternance démocratique restent les piliers du système politique du pays.

Abdoulaziz DEME simple observateur politique.

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