Hydrogène vert en Mauritanie : faire de l’hydrogène vert un pilier stratégique de la souveraineté nationale
Découvrez la tribune d'Abdoulaziz DEME sur l'hydrogène vert en Mauritanie : un levier de souveraineté nationale et une opportunité géopolitique majeure sous l'ère Ghazouani.

L’hydrogène vert en Mauritanie représente bien plus qu’une simple alternative énergétique ; c’est un levier de souveraineté nationale sans précédent. Dans cette tribune, Abdoulaziz DEME explique pourquoi le pays doit accélérer le développement de l’hydrogène vert en Mauritanie pour s’imposer sur la scène géopolitique mondiale sous la présidence de Mohamed Ould Cheikh Ghazouani.
Par Abdoulaziz DEME Tribune:
À l’heure où les équilibres énergétiques mondiaux se redessinent sous l’effet de la transition climatique, la Mauritanie dispose d’un levier stratégique exceptionnel : l’hydrogène vert. Plus qu’une opportunité économique, il s’agit d’un choix de souveraineté et de positionnement géopolitique que le gouvernement du Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani ne peut se permettre de reléguer au second plan.
Techniquement, les fondamentaux sont indiscutables.
La production d’hydrogène vert repose sur l’électrolyse de l’eau, alimentée par des énergies renouvelables. Or, la Mauritanie bénéficie d’un des meilleurs potentiels hybrides solaire-éolien au monde, avec des facteurs de charge particulièrement élevés, permettant une production continue et compétitive.
À cela s’ajoute la disponibilité foncière et une proximité stratégique avec les marchés européens, principaux demandeurs à court et moyen terme.
Sur le plan économique, les projections internationales convergent : la demande mondiale d’hydrogène vert pourrait être multipliée par dix d’ici 2050. L’Union européenne, dans le cadre de son Green Deal, vise l’importation de millions de tonnes d’hydrogène propre.
La Mauritanie a donc une fenêtre d’opportunité limitée dans le temps pour se positionner comme fournisseur structurant. Dans ce contexte, les projets déjà annoncés dans le pays ne doivent pas rester à l’état de promesses, mais être accélérés, sécurisés et industrialisés.
Cela implique des choix politiques clairs. Premièrement, la mise en place d’un cadre réglementaire stable, transparent et compétitif, capable d’attirer des investisseurs de premier plan.
Deuxièmement, le développement d’infrastructures critiques : ports en eau profonde, réseaux électriques dédiés, unités de dessalement et corridors logistiques. Troisièmement, l’intégration locale, afin d’éviter un modèle extractif classique et garantir des retombées économiques concrètes pour la population mauritanienne.
Le défi est également institutionnel. Il nécessite une coordination forte entre les ministères de l’énergie, de l’économie, de l’environnement et de la formation professionnelle.
Sans gouvernance claire et centralisée, le risque est réel de voir les projets ralentir, voire se détourner vers des pays concurrents plus réactifs.
Enfin, il convient de souligner que l’hydrogène vert ne doit pas être perçu uniquement comme un produit d’exportation.
Il peut aussi devenir un levier de transformation interne : électrification industrielle, production d’engrais, décarbonation des mines et développement de nouvelles chaînes de valeur locales.
Le Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a aujourd’hui l’opportunité d’inscrire son mandat dans une vision historique : celle d’une Mauritanie qui anticipe les mutations globales et s’impose comme un acteur énergétique de premier plan. Mais cette ambition exige des décisions rapides, des investissements massifs et une volonté politique assumée.
Dans la compétition mondiale pour l’hydrogène vert, les pays qui hésitent aujourd’hui seront les dépendants de demain. La Mauritanie, elle, a les moyens de choisir son destin.
Abdoulaziz DEME simple observateur politique en Mauritanie.



