Samba Thiam : dialogue national face au mur de la majorité
Samba Thiam (FPC) interpelle le président de la République sur le blocage du dialogue national par la majorité présidentielle. Un appel à la cohérence.

Samba Thiam dialogue national
Nouakchott – Le leader des Forces Progressistes pour le Changement, Samba Thiam, estime que le dialogue national est aujourd’hui dans une impasse. Malgré la main tendue de l’opposition, les résistances au sein du camp présidentiel freinent l’aboutissement d’un processus pourtant validé par le Chef de l’État.
Par la Rédaction | Mis à jour le 17 avril 2026
Dans le paysage politique complexe de la Mauritanie, le nom de Samba Thiam et la question du dialogue national sont au cœur de toutes les attentions. Alors que les citoyens espèrent une décrispation durable du climat politique, les dernières déclarations du président des FPC (Forces Progressistes pour le Changement) viennent jeter un pavé dans la mare. Pour Samba Thiam, le dialogue national ne souffre pas d’un manque de volonté de l’opposition, mais d’un sabotage interne au sein de la majorité.
La bonne volonté de l’opposition mise à l’épreuve
Depuis plusieurs mois, les acteurs politiques scrutent les signaux envoyés par le Palais présidentiel. Dès le départ, Samba Thiam a affirmé que le dialogue national représentait une opportunité historique pour traiter les questions de fond qui minent la cohésion sociale et la stabilité institutionnelle du pays.
« Nous voulons montrer, en tant qu’opposition, notre bonne volonté à répondre au dialogue appelé par le président de la République », a précisé le leader politique.
Cette posture d’ouverture vise à démontrer que les blocages ne se situent pas du côté de ceux qui demandent des réformes, mais bien du côté de ceux qui craignent de perdre leurs privilèges. Pour Samba Thiam, le dialogue national est une nécessité, mais il ne peut se faire sans une réciprocité sincère.
Un processus bloqué par les « faucons » de la majorité
Le constat est amer : malgré l’appel initial du Chef de l’État, le mécanisme semble grippé. Samba Thiam pointe directement la responsabilité de la majorité présidentielle. Selon lui, une frange influente des partisans du pouvoir refuse systématiquement d’entamer les discussions sérieuses.
« Il se trouve que dans le processus, dans la marche des choses, le processus est bloqué », regrette-t-il. Il va plus loin en désignant les responsables : « Le processus est bloqué par la majorité présidentielle, le Président et certains de ses partisans qui ne veulent pas du dialogue. »
Cette situation crée une confusion politique majeure. Comment un président peut-il appeler à la concertation tout en étant incapable de discipliner sa propre base ? C’est tout l’enjeu de l’appel lancé par Samba Thiam. Pour que le dialogue national reprenne ses droits, le président de la République doit parler fermement à sa majorité pour les ramener sur le « bon chemin ».
L’impasse sur la proposition de sortie de crise
L’un des éléments les plus concrets de ce blocage concerne le travail du coordinateur du dialogue national. Nommé par la présidence, ce dernier a soumis une proposition de sortie de crise structurée, censée servir de base aux négociations.
Bien que le président de la République ait publiquement exprimé son accord avec ce plan, l’exécution sur le terrain est nulle. Samba Thiam insiste sur ce point crucial : le coordinateur a fait son travail, le Chef de l’État a validé, mais la majorité fait de la résistance. « Il faut donc appeler certains éléments respectueux de la majorité à s’aligner sur la position de leur président », martèle-t-il.
Vers une crise de confiance ?
Si le blocage persiste, la Mauritanie risque de s’enfoncer dans une crise de confiance entre les citoyens et la classe politique. Pour Samba Thiam, le dialogue national n’est pas un luxe, mais une urgence. En réclamant simplement l’alignement de la majorité sur la position du président, l’opposition place le régime face à ses propres contradictions.
La question reste entière : le président aura-t-il le courage politique de briser les résistances de son propre camp pour sauver ce processus ? « C’est ce que nous demandons, pas plus ni moins », conclut Thiam.



