CNDH Mauritanie : Mission de contrôle pour les députées détenues
La CNDH Mauritanie a inspecté les conditions de détention des députées Mariem Cheikh et Ghamou Achour. Découvrez le rapport de M. El Bekaye Ould Abdel Malek.

CNDH Mauritanie : Une mission de monitoring auprès des députées Mariem Cheikh et Ghamou Achour
Source : AMI / Rapide Info – Nouakchott, le 14 avril 2026
Dans le cadre de ses prérogatives de protection des libertés individuelles, la CNDH Mauritanie a dépêché, ce lundi soir, une importante mission pluridisciplinaire au Bureau de lutte contre la cybercriminalité de Nouakchott. Cette visite d’inspection visait à s’assurer du respect des droits fondamentaux des députées Mme Mariem Cheikh Samba Dieng et Mme Ghamou Achour Salem.
Une mission de supervision conduite par le Président de l’institution
La CNDH Mauritanie, sous la direction de son président, M. El Bekaye Ould Abdel Malek, a mobilisé ses cadres les plus expérimentés pour cette intervention. La délégation comprenait notamment le secrétaire général de l’institution, plusieurs membres du commissariat ainsi que le directeur de la protection. Cette démarche s’inscrit dans le mandat constitutionnel de la Commission, qui consiste à veiller à ce que tout citoyen, quel que soit son statut, bénéficie de conditions de détention conformes aux normes internationales et aux lois nationales en vigueur.
L’arrivée de la CNDH Mauritanie sur les lieux de la garde à vue marque une volonté de transparence dans une affaire qui suscite une attention médiatique particulière. Les experts de la Commission avaient pour mission de vérifier non seulement la légalité de la procédure, mais aussi le bien-être physique et psychologique des parlementaires placées sous la responsabilité des services de sécurité.
Un refus de dialogue malgré la présence de la CNDH Mauritanie
Un point marquant de cette soirée a été la posture adoptée par les deux députées. Dans une déclaration officielle relayée par l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI), M. Ould Abdel Malek a révélé que Mme Mariem Cheikh Samba Dieng et Mme Ghamou Achour Salem ont refusé de recevoir la mission de la CNDH Mauritanie.
Bien que le président ait exprimé ses vifs regrets de ne pas avoir pu établir un contact direct ou écouter les doléances des intéressées, il a souligné que la porte restait ouverte. La CNDH Mauritanie a réaffirmé sa totale disponibilité à rencontrer les députées à tout moment, ou à s’entretenir avec leurs conseils juridiques afin de garantir une observation impartiale des faits. Ce refus de coopérer, bien que déploré, n’a pas empêché la mission de poursuivre son travail d’évaluation technique.
Des conditions de détention jugées convenables
À défaut d’un échange direct, la CNDH Mauritanie a procédé à un examen minutieux des registres et à des entretiens avec les autorités sécuritaires responsables de la garde à vue. Les informations recueillies indiquent que les conditions générales de détention sont jugées convenables et respectueuses de la dignité humaine.
La Commission a notamment relevé plusieurs points positifs :
1- Genre et Sécurité : La surveillance est assurée par un agent de sécurité féminin, une mesure essentielle pour respecter l’intimité et les besoins spécifiques des femmes en détention.
2- Besoins de base : L’accès à une alimentation adéquate, aux soins de santé nécessaires et, le cas échéant, à une assistance liée à l’enfant, a été confirmé par les autorités.
3- Assistance Juridique : La défense a été officiellement autorisée à accéder aux personnes détenues, respectant ainsi le droit fondamental à l’assistance d’un avocat.
Les principes de droit et le rôle de la CNDH Mauritanie
Il est important de préciser, comme l’a rappelé M. El Bekaye Ould Abdel Malek, que la CNDH Mauritanie n’intervient pas sur le fond pénal de l’affaire. La Commission ne se substitue pas aux juges, mais veille à ce que l’usage de la force publique reste dans le cadre de la loi.
Le président a profité de cette intervention pour rappeler des principes fondamentaux : la liberté d’expression dans l’espace public est un droit, mais elle comporte des limites juridiques obligatoires pour tous.
Il a insisté sur le fait que l’atteinte à la personne du Président de la République est considérée comme une atteinte à la volonté populaire et aux institutions constitutionnelles.
Pour la CNDH Mauritanie, la responsabilité est le corollaire indispensable de la liberté, et nul n’est censé ignorer l’obligation de respecter l’ordre public et les droits d’autrui.
Annonce pour un communiqué détaillé
En conclusion de cette visite, la CNDH Mauritanie a annoncé qu’elle publiera très prochainement un communiqué détaillé. Ce document synthétisera l’ensemble des observations de terrain et proposera des recommandations concrètes aux autorités compétentes. En restant fidèle à sa mission de « vigie des droits », l’institution continue de jouer son rôle de médiateur et d’observateur critique pour renforcer l’État de droit en Mauritanie.
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Source : AMI / Rapide Info



