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La Mauritanie délaissée : quand nos investisseurs bâtissent ailleurs ce qu’ils refusent de construire chez eux.

Alors que les besoins en infrastructures, en emplois et en innovation restent criants, une partie des investisseurs mauritaniens choisit de déployer ses capitaux à l’étranger, soulevant une question cruciale : pourquoi construire ailleurs ce que l’on refuse d’édifier chez soi ?

Investisseurs mauritaniens!
Dans un contexte où la Mauritanie peine à décoller économiquement, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur : de plus en plus d’entrepreneurs et d’investisseurs nationaux préfèrent placer leur argent au Maroc, au Sénégal, ou dans d’autres pays, plutôt que de miser sur leur propre terre. Résultat : pendant que d’autres avancent, la Mauritanie recule.
Investir à l’étranger n’est pas en soi une faute. Chercher la stabilité, la rentabilité ou un climat d’affaires favorable relève de la logique économique.

Mais lorsque cet élan se fait au détriment du développement national, il devient un signal d’alarme. Car à chaque dirham, franc CFA ou dollar transféré ailleurs, c’est une opportunité manquée pour créer des emplois, améliorer les infrastructures et renforcer l’économie mauritanienne.
Aujourd’hui, le constat est amer : des centres commerciaux flambant neufs poussent à Casablanca, Dakar ou Marrakech, souvent avec des capitaux mauritaniens.

Pendant ce temps, dans nos propres villes, des projets stagnent, faute d’investissement local. Ce déséquilibre creuse davantage le fossé entre ceux qui prospèrent ailleurs et les jeunes qui, ici, cherchent désespérément un avenir.
La Mauritanie a pourtant un potentiel immense : un littoral stratégique, des ressources naturelles abondantes, et une jeunesse pleine d’énergie.
Ce dont elle manque, c’est de confiance en elle-même. Si nos investisseurs ne croient plus en leur pays, qui le fera à leur place ?

Il est temps d’inverser cette logique. L’investissement patriotique n’est pas une utopie, c’est une nécessité. Bâtir des écoles, des usines, des fermes agricoles et des start-up ici, chez nous, c’est le meilleur moyen d’assurer un avenir stable et prospère. L’argent mauritanien doit d’abord servir la Mauritanie.

Abdoulaziz DEME
Observateur de la vie politique et économique en Mauritanie
Le 13 Avril 2026

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