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IRA Mauritanie dénonce l’escalade répressive et les arrestations de députés

Mauritanie-Esclavage : Stigmatisation-Violente-Répressive-Autochtones-Haratines.

Communiqué d’IRA Mauritanie : Le mouvement dénonce une campagne de stigmatisation violente et répressive contre les autochtones Haratines.  L’organisation IRA Mauritanie alerte sur une dérive autoritaire sans précédent…

Communiqué
Mauritanie-Esclavage : Stigmatisation-Violente-Répressive-Autochtones-Haratines.

Le général Mohamed Ghazouani s’est imposé, pour la deuxième fois, comme chef de l’État en Mauritanie, en truquant l’élection présidentielle de juin 2024 et en écrasant dans le sang le soulèvement populaire qui s’opposait à son forfait. Coupure d’internet, militarisation des villes, arrestations et tortures de milliers de personnes, assassinat de sept jeunes militants de l’ONG IRA (Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste) le 2 mai 2024 dans la ville de Kaédi.

Le 26 décembre 2026, une campagne de stigmatisation et de menaces de mort est enclenchée par les proches du général-président contre le principal rival présidentiel, Biram Dah Abeid. Cette violente campagne va culminer avec les injures publiques proférées par le ministre de la Justice, mandaté pour parler à la presse au nom du gouvernement, contre le député Biram Dah Abeid, le 29 janvier 2026.

La riposte d’IRA Mauritanie face à la haine raciale.

Le 5 février 2026, un sit-in de militants et militantes est écrasé par des unités de police lourdement armées. Plusieurs blessés graves sont recensés parmi les militants non violents. Le rassemblement visait à inciter les autorités à secourir une fillette noire de 11 ans, victime d’esclavage et de travaux durs et forcés. Le 12 février, les bourreaux de la petite Nouha sont acquittés par le parquet, qui classe la plainte d’IRA sans suite. Le ministère public contre-attaque en accusant les militants d’IRA de faux et se permet d’incarcérer trois femmes et quatre hommes parmi les membres d’IRA.

Dans la nuit du 9 au 10 avril 2026, la députée Mariem Cheikh Samba Dieng, membre d’IRA, est kidnappée à son domicile au sud de Nouakchott, avec son bébé de trois mois et vingt jours, qui porte le nom de Biram, peut-être le plus jeune détenu politique de l’histoire des régimes arbitraires. Ensuite, au cours de l’après-midi du 10 avril, la députée Ghamou Achour Salem, militante d’IRA, est également arrêtée par la police politique mauritanienne et détenue dans un lieu inconnu.

Ces arrestations sont accompagnées d’une violente vindicte et d’une diabolisation enclenchées et encadrées par le parquet général de Mauritanie, les renseignements généraux et la police politique, dans les médias et sur les réseaux sociaux. On y trouve des communiqués vengeurs du ministère de la Justice accusant les militants et députés affiliés au mouvement abolitionniste d’être impolis à l’encontre du chef de l’État mauritanien et d’être des incitateurs à la haine raciale entre les communautés mauritaniennes. Des blogueurs, journalistes et écrivains proches du chef de l’État Mohamed Ghazouani, membres de son courant politique raciste et suprématiste, appellent à tuer et à éliminer physiquement le député Biram Dah Abeid ainsi que les députées Mariem et Ghamou, traitées par ces auteurs de singes et de bêtes immondes. La blogueuse Warda Ahmed Souleymane, en état de grossesse, militante d’IRA emprisonnée depuis plusieurs mois, est décrite sur les réseaux sociaux par un journaliste proche du général Ghazouani comme une esclave impure qui ne mériterait que de mettre bas dans les saletés de la prison comme une bête, en allusion à la communauté des Haratines dont elle fait partie.

Un autre blogueur proche de Ghazouani demande publiquement, dans une publication sur son mur Facebook, que le petit Biram, fils de la députée Mariem, soit tué au cours de son incarcération avec sa mère. Sinon, dit-il, il constituerait un danger pour la communauté dominante s’il venait à vivre et à grandir. Un autre soutien à Ghazouani réclame l’interdiction de l’ONG IRA, l’emprisonnement ou l’élimination de Biram Dah Abeid ainsi que des deux députées Ghamou et Mariem, tout en les qualifiant de sous-humaines et de porte-malheur.

À noter qu’à la veille de cette campagne de diabolisation et d’éradication d’IRA, une décision a été prise à haut niveau par le pouvoir mauritanien afin de rendre ces mesures arbitraires et racistes acceptables aux yeux de la communauté internationale. Le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Mohamed Lemine, a convaincu Ghazouani de nommer deux hommes d’ethnie haratine à des postes clés chargés de prendre la parole et de porter l’estocade contre le dirigeant du principal courant de l’opposition au régime et inspirateur du mouvement abolitionniste, Biram Dah Abeid. Le ministre de l’Intérieur, proche cousin et disciple du chef de l’État mauritanien, en plaçant ses protégés dociles issus de la communauté haratine aux postes respectifs de président du parti au pouvoir et de ministre de la Justice, chercherait à masquer aux yeux du monde les faits et actes racistes et arbitraires que le pouvoir entend exécuter contre les Haratines, le mouvement abolitionniste IRA et ses dirigeants.

C’est une campagne et une escalade répressives alarmantes.

IRA Mauritanie condamne avec la plus grande fermeté l’incitation, de la part du pouvoir mauritanien, ainsi que sa tolérance à la campagne de stigmatisation du peuple haratine, les appels au meurtre des dirigeants et dirigeantes abolitionnistes, ainsi que l’incitation au meurtre du bébé Biram Mohamed Diodie.

Ces arrestations apparaissent dès lors comme des mesures de représailles directes visant à réduire au silence des élues du peuple engagées.

IRA Mauritanie lançe un appel à la communauté internationale afin que la situation en Mauritanie, et son régime capable de récidives génocidaires, fasse l’objet d’une attention accrue.

Nous exigeons, bien sûr, que les rapporteurs spéciaux des Nations Unies et de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples suivent de manière encore plus soutenue la situation des nombreux détenus antiesclavagistes, dont cinq femmes, une enceinte de quelques mois, Warda, et une autre allaitant un bébé de 3 mois et 21 jours, actuellement sous le feu nourri d’attaques vindicatives et suprématistes.

Nouakchott, le 11 avril 2026
La commission de communication

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