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Élargir le gouvernement en Mauritanie : Remède ou illusion ? | Billet d’humeur

Billet d’humeur –  Élargir le gouvernement en Mauritanie :  Le syndrome de la « chaise musicale »

C’est le marronnier préféré de notre scène politique, une petite musique qui revient chaque fois que le vent de la crise souffle un peu trop fort sur les étals du marché : faut-il élargir le gouvernement ? En ce mois de mars 2026, la question n’est plus seulement théorique, elle ressemble à une recette de cuisine que l’on ressort du placard quand on ne sait plus quoi faire du reste du frigo.

D’un côté, nous avons les partisans du « plus on est de fous, plus on rit ». Pour eux, ouvrir les portes du conseil des ministres à l’opposition et à la société civile est le remède miracle. L’idée est séduisante : on se tient tous la main pour faire passer la pilule amère du coût de la vie et de la flambée de l’énergie. C’est la politique du bouclier humain : si tout le monde est responsable, personne ne l’est vraiment quand le prix du pain grimpe. On appelle cela la « cohésion sociale », mais pour le citoyen qui peine à remplir son panier, cela ressemble surtout à une grande table où l’on rajoute des couverts alors que le plat principal se fait rare.

De l’autre côté, il y a l’école de la « diète administrative ». Celle du Premier ministre Ould Djay, qui nous parle de performance, de numérisation et de résultats tangibles. Leur argument est simple : pourquoi transformer le gouvernement en paquebot ingouvernable quand on a besoin d’un hors-bord agile ? Ils craignent, à juste titre, que l’élargissement ne soit qu’une distribution de portefeuilles pour calmer les ambitions des uns et des autres, une sorte de « CDI politique » financé par le contribuable au moment même où l’on demande à ce dernier de se serrer la ceinture.

Le dilemme de la balance

Le choix qui se pose à la Mauritanie en ce tournant de 2026 est cornélien :

Acheter la paix sociale en multipliant les maroquins (au risque de la lenteur).

Viser l’efficacité technique avec une équipe resserrée (au risque de la solitude face à la rue).

Le constat est pourtant là : On ne soigne pas une inflation avec des décrets de nomination. Le Mauritanien moyen ne demande pas si son ministre appartient à tel parti ou à tel clan ; il demande si ce ministre sait faire baisser le prix du gaz ou améliorer le débit internet.

Alors, gouvernement élargi ou gouvernement de combat ? Au fond, peu importe le nombre de chaises autour de la table, pourvu que ceux qui s’y assoient aient enfin le sens de l’urgence. Car à force de débattre sur la taille du moteur, on risque d’oublier que le pays, lui, attend simplement de démarrer.

Et vous, croyez-vous vraiment qu’un ministre de l’opposition dans un bureau climatisé rendra votre fin de mois plus légère ?

Ahmed Ould Bettar – Rapide info

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