L’Or Bleu sous la Braise : Le Combat pour l’Eau en Mauritanie
De l'Assaba aux dunes du Tagant, la soif dicte sa loi. Découvrez le récit poignant de Fatoumata et la révolution du pompage solaire avec l'UNICEF pour sauver l'avenir de la Mauritanie.

L’Or Bleu sous la Braise : Le Combat pour l’Eau en Mauritanie
I. Le chapelet de la soif
Ah, l’eau ! L’élément ! La baraka du ciel ! Tu parles d’une affaire… En Mauritanie, c’est pas de la gnognote de robinet qui fuit, c’est la vie même qu’on siphonne, qu’on grappille, qu’on s’arrache aux gencives d’un désert qui ne vous laisse rien si vous ne vous battez pas pour chaque goutte ! C’est un don d’Allah, bien sûr, mais un don qu’il faut aller chercher profond sous la caillasse.
Regardez-moi cette Fatoumata… cinquante-huit balais de patience et de poussière ! Le dos en parenthèse, concassé par les bidons de vingt litres. Vingt kilos de flotte au bout des bras, matin, midi, et le soir encore ! C’est pas une promenade de santé, c’est un calvaire de chaque instant sous un soleil qui vous cuit la cervelle à point ! 45 degrés à l’ombre… mais de l’ombre, y en a pas ! C’est une vue de l’esprit ! Y a que la dalle, la soif qui vous tord les tripes, et ces foutus bidons qui s’entrechoquent comme des cloches de détresse. Chaque pas est une prière pour ne pas s’effondrer.
II. Le troc de l’ignorance
Et les mômes ? On en parle des mômes ? C’est là que le bât blesse. Regardez la petite Mariam, douze ans, déjà rivée au chemin du puits ! Au lieu de s’user les yeux sur les livres, d’apprendre le monde, elle s’use les pieds sur la piste. On troque l’alphabet contre la bassine. C’est mathématique ! Pas de flotte, pas d’école !
On reste dans la crasse, on reste dans l’ignorance, et on finit par tomber de la dysenterie parce que la mare du coin, c’est une soupe à microbes ! C’est ça, la réalité, la vraie, celle qui pue la sueur et la poussière. Un enfant sans eau, c’est une plante qu’on oublie d’arroser et qui finit en paille sèche.
III. La cavalerie du progrès : Le génie au service de la Communauté
Pourtant, ça bouge ! Les officiels, l’UNICEF, les gars qui en veulent, ils ont compris la leçon. Ils nous parlent de soleil ! De miracles électriques ! Et c’est là que la coopération devient sérieuse, qu’elle devient utile. Puisque le soleil tape, autant qu’il serve à quelque chose !
On débarque avec les ingénieurs, les plans, les boulons. On installe des systèmes de pompage photovoltaïque. De grandes plaques bleues qui boivent la lumière pour faire tourner des pompes à des profondeurs de dingue, là où l’eau dort dans le silence de la terre, loin de la souillure des hommes.
On installe des réservoirs surélevés qui dominent le paysage comme des minarets de la survie. C’est propre, c’est efficace, ça ne demande pas de pétrole importé à prix d’or. C’est le soleil de Mauritanie qui travaille pour les Mauritaniens ! On installe des latrines, on parle d’hygiène, on aide les familles à relever la tête. On sauve les meubles avant que le vent de sable ne recouvre tout.
IV. La mécanique de la résilience
C’est de la technique, la vraie ! Il faut calculer l’irradiation, prévoir les stocks, vérifier les tuyaux en polyéthylène haute densité. L’UNICEF ne se contente pas de poser le matériel, ils forment les gens du coin ! On monte des comités de gestion. C’est la communauté qui prend les rênes. Si un boulon saute, on a le technicien sur place avec sa clé de douze. C’est ça, la vraie dignité : ne plus dépendre de la pluie qui ne vient pas ou du camion qui tombe en panne.
Mais attention ! Faut faire fissa ! Le désert, lui, il n’a pas de cœur, il avance, il dévore tout ce qui ne résiste pas. Si on ne branche pas les tuyaux partout, si on n’amène pas l’eau au cœur des villages, c’est pas l’avenir qu’on va trouver, c’est juste la soif et l’exode.
La source ou l’oubli
Le changement, ça ne commence pas par des grands mots, ça commence par la source qui jaillit au milieu du village. C’est l’avenir de Mariam. C’est le repos de Fatoumata. L’eau, c’est le début de tout. Sans elle, on n’est que du vent. Le combat continue, et chaque forage est une victoire sur la fatalité !
Ahmed Ould Bettar – Rapide info



