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Affaire du Laboratoire de Police : Mohamed Ould Ghadda contredit le Ministre de la Justice | Rapide info

À l’approche du verdict attendu pour lundi prochain, le président de l’organisation « Transparence Globale », Mohamed Ould Ghadda, brise le silence. Dans un mémoire cinglant, l’activiste dément les affirmations du Garde des Sceaux concernant les preuves fournies lors de l’instruction.

Par la Rédaction | Nouakchott, le 14 mars 2026

L’affaire qui secoue les cercles judiciaires et politiques de Nouakchott prend une tournure de duel verbal par médias interposés. Au cœur du litige : la véracité des procédures entourant l’enquête sur le contrat de construction du laboratoire de la police nationale.

Un démenti formel face au Parlement

Le point de friction est désormais clairement identifié. Jeudi dernier, Mohamed Ould Ghadda a officiellement réfuté avoir signé un quelconque document répertoriant les preuves en sa possession, contrairement aux déclarations faites par le ministre de la Justice devant les députés.

Selon le mémoire publié par l’organisation Transparence Globale, les propos du ministre reposeraient sur des « informations inexactes ». Ould Ghadda insiste : s’il a bien collaboré avec les enquêteurs, il n’a jamais paraphé d’inventaire définitif de ses preuves, contrairement à ce que suggérait la version officielle au Parlement.

« Notre organisation a publié un rapport détaillé dès octobre 2025. Nous avons informé les autorités de l’existence de preuves supplémentaires et précisé aux enquêteurs que de nouvelles informations pourraient être versées au dossier à chaque étape de l’instruction », précise le document de l’ONG.

Chronologie d’une arrestation contestée

Pour rappel, Mohamed Ould Ghadda a été arrêté à la suite de la publication d’un rapport dénonçant ce que son organisation qualifie d’irrégularités financières majeures dans le contrat lié au laboratoire de la police. Ce dossier, emblématique de la lutte pour la transparence contractuelle en Mauritanie, met à l’épreuve l’équilibre entre la liberté d’alerte et la protection des institutions.

Lors de l’audience tenue hier au tribunal de Nouakchott Ouest, l’accusé a pu présenter sa plaidoirie, maintenant sa ligne de défense sur le fond du dossier : la défense de l’intérêt public et la dénonciation de la corruption supposée.

Vers un lundi décisif

Le tribunal de Nouakchott Ouest a décidé de reporter le prononcé du jugement au lundi 16 mars. Ce délai supplémentaire laisse planer une tension palpable dans la capitale, alors que les soutiens de l’activiste et les observateurs internationaux scrutent de près l’indépendance de la procédure.

Le verdict de lundi ne sera pas seulement un jugement sur un homme, mais un signal fort envoyé sur la place qu’occupe la société civile dans le contrôle de l’action publique en Mauritanie.

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