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Soutenur et réussir le dialogue national, loin des querelles stériles.

Au moment où notre pays s’apprête à engager un dialogue politique aux enjeux décisifs, les lignes se clarifient.
Ce dialogue ne devrait être ni un simple exercice protocolaire, ni une manœuvre tactique du pouvoir en place ou de l’opposition démocratique mais une étape historique vers l’établissement d’un véritable État de droit, tant, depuis des decénies, notre pays est en attente de sa réalisation.
Or, depuis toujours, plus l’État de droit se dessine, plus certaines forces s’agitent pour l’étouffer dans l’œuf.
Contre l’ordre démocratique en construction, des forces de résistance s’organisent ́, prennent forme, mènent campagne, tentent de le bloquer et souvent parviennent à leur fin. Ce sont des forces protéiformes, organisées en réseaux informels transpartisans, agissant par thèmes et mots d’ordre et en ordre de bataille. Sur le fond, elles prospèrent dans l’opacité, redoutent la transparence et craignent la normalisation institutionnelle. Leurs cibles sont constantes : les forces démocratiques et les mouvements patriotiques unitaires et tous ceux qui leur sont rattachés. Car ce qui se prépare dépasse les intérêts partisans. Il s’agit d’un projet national aussi ancien que notre jeune nation, porté par des générations de combattants intrépides dont le symbole absolu est Sidi Mohamed Ould Soumeyda.
Aujourd’hui, le projet republicain contre lequel le ban et l’arriere ban des forces du stau quo est mobilisé, est articulé autour de cinq objectifs fondamentaux :

-l’instauration d’une démocratie réelle, fondée sur la séparation effective des pouvoirs, le respect des libertés fondamentales, la responsabilité des gouvernants et l’alternance ;

-le règlement consensuel et définitif du passif humanitaire, dans un esprit consensuel de justice et de réconciliation ;

-le renforcement de l’unité nationale et de la cohésion sociale ;

-la construction d’un bien-être social partagé, au service de tous les citoyens, grâce à nos ressources considérables ;

-la sauvegarde de la souveraineté nationale, dans une ouverture assumée au reste du monde.

Ces ambitions touchent au cœur même de notre pacte républicain à bâtir et conforter. Elles impliquent une rupture avec les pratiques d’arbitraire, les logiques de captation et les arrangements informels qui ont longtemps fragilisé la confiance entre l’État et la nation.
Les résistances ne doivent pas surprendre. Chaque réforme sérieuse suscite des inquiétudes chez ceux qui tirent avantage du statu quo ou ne comprennent pas . Les vaines campagnes de dénigrement et d’intimidation, les discours alarmistes ou les tentatives d’instrumentalisation des sensibilités identitaires traduisent moins un attachement à la stabilité et à la sécurité commune qu’une crainte inextinguible et parfois irrationnelle face à la perspective de la fin des privilèges et des rentes de situation indues. Le président de la république l’a répété en plusieurs occasions et, me semble-t-il avec clairvoyance et conviction : le dialogue n’est pas un risque pour la nation. Il est sa chance.

Traiter avec lucidité le passif humanitaire, ce n’est pas rouvrir les blessures ; c’est empêcher qu’elles se poursuivent et s’enveniment. C’est laver une honte nationale pour tourner une page sombre dans notre histoire, comme il y en a eu bien d’autres.
Renforcer l’unité nationale, ce n’est pas nier la diversité ; c’est lui donner un cadre commun et équitable et assurer notre profonde complémentarité identitaire, arabe et négroafricaine.
Affirmer la souveraineté nationale, ce n’est pas s’isoler ; c’est consolider notre cohésion interne pour mieux dialoguer avec le monde et participer à la juste cause des peuples.

Tout cela requiert un Etat fort et respecté. Mais un État fort n’est pas celui qui refuse le débat.
Un État fort est celui qui organise le débat, l’encadre par le droit et en fait un levier de stabilité durable. Il trace en permanence les contours de notre vivre-ensemble, et dresse les perspectives de notre avenir commun. Sur la base du droit et des valeurs fondamentales de notre civilisation arabe et négro-africaine et de notre religion unique. C’est le sens même de l’Etat de droit auquel nous aspirons tous, pour nous, pour nos enfants et pour les enfants de nos enfants, jusqu’à la fin des temps.
Cer État de droit qui doit s’imposer signifie que nul n’est au-dessus de la loi
Il signifie que les institutions fonctionnent selon des règles claires et prévisibles.
Il signifie que la justice est indépendante, que l’administration est impartiale et que la dignité du citoyen est protégée.

C’est cette perspective qui dérange les partisans de l’ombre. Mais l’histoire enseigne que les systèmes fondés sur l’opacité ne résistent jamais durablement à l’exigence de justice.

Le moment est venu de transformer l’instant politique qui se profile en tournant historique.
Le dialogue ne doit pas être une parenthèse ; il doit être une fondation.
Il ne doit pas produire des compromis fragiles ; il doit instaurer des règles solides.
L’unité nationale ne se proclame pas : elle se construit par la justice.
La démocratie ne se décrète pas : elle s’institutionnalise.
La souveraineté ne s’affiche pas : elle se consolide par la cohésion et la responsabilité.

Pour tout cela, notre génération a rendez-vous avec cette responsabilité.
Ne la manquons pas.
LÔ GOURMO ABDOUL 22 février 2026

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