Arkeiss : La lutte des autochtones et des femmes face à l’injustice et à la spoliation de leurs terres.

Le village d’Arkeiss, situé sur les rives du Banc d’Arguin, est aujourd’hui victime d’une spoliation injustifiée de ses terres et de ses droits. Après des décennies de travail pour préserver et développer leur territoire, les autochtones font face à une éviction brutale qui menace leur identité et leur culture.
Fondé par M. Hreitany Ould Hamody, dit Hartoun, dans les années 1990, Arkeiss était un modèle de développement durable. Ce village visait à préserver les traditions locales tout en respectant l’environnement fragile du Banc d’Arguin, en harmonie avec les ressources naturelles de la région.
Une initiative clé de M. Hamody fut la création d’une coopérative féminine. Elle permettait aux femmes autochtones de participer activement à l’économie locale en organisant des activités de pêche, de culture et de transformation des produits. Grâce à leur travail, elles ont renforcé l’autonomie du village et amélioré leurs conditions de vie.
Malgré ces réalisations, l’histoire d’Arkeiss a pris une tournure tragique. Des acteurs extérieurs ont pris le contrôle du village, du campement et de la coopérative féminine, évinçant ainsi les autochtones de leurs terres. Ces derniers, qui avaient préservé la région pendant des générations, se retrouvent aujourd’hui privés de leurs droits et de leurs ressources.
Les femmes, qui ont joué un rôle crucial dans ce développement, sont également exclues de la gestion de leur propre héritage. Leur travail acharné pour rendre le village autonome est aujourd’hui ignoré.
Cette situation est une double injustice : sociale, car elle prive les autochtones et surtout les femmes de leur héritage ; et économique, car elle les empêche de vivre de leurs ressources traditionnelles. Les femmes d’Arkeiss, en particulier, méritent d’être reconnues pour leurs contributions et de retrouver leurs droits sur leurs terres.
Il est essentiel que les autorités interviennent pour rendre justice aux autochtones d’Arkeiss. Leur droit à la gestion de leurs terres et de leurs ressources doit être rétabli, tout comme leur droit à préserver leur culture et leur identité. Les femmes, en particulier, doivent retrouver leur place dans la gestion de ce patrimoine qu’elles ont activement contribué à protéger et à développer.
Saadna ABDATY
Les Amis du Parc National du Banc d’Arguin (Mauritanie)



