Kaédi : la démolition partielle de l’École 1 relance le débat sur la préservation du patrimoine éducatif
École 1 de Kaédi : entre mémoire collective et décisions publiques
La démolition partielle de l’École 1 de Kaédi dépasse la simple question infrastructurelle. Édifiée en 1955, cette institution historique a formé des générations de cadres et demeure un symbole de la mémoire éducative et politique du sud mauritanien.
La démolition partielle de l’École 1 de Kaédi pose une question qui dépasse la seule gestion d’un bâtiment scolaire : quelle place accordons-nous à notre patrimoine et à la mémoire collective dans les décisions publiques?
Construite en 1955, à la veille des grandes transformations politiques ayant conduit à l’autonomie de la Mauritanie, l’École 1 a longtemps été l’un des piliers de l’enseignement moderne dans le sud du pays. Elle a formé des générations d’élèves qui ont ensuite contribué à la vie administrative, sociale et politique nationale. À ce titre, elle constitue un témoin matériel d’une période charnière de notre histoire contemporaine.
L’importance de cet établissement se mesure également aux trajectoires de celles et ceux qui l’ont dirigé. Clédor Sall, ancien candidat du Bloc démocratique du Gorgol (BDG) à Kaédi lors des élections territoriales de 1957, y exerça avant de poursuivre une carrière politique au Sénégal, jusqu’à devenir ministre de la République puis maire de Dakar. Sidi Diagana, autre directeur de l’école, fut par la suite adjoint au maire de Kaédi avant d’occuper les fonctions de ministre de la Défense de la Mauritanie. Ces parcours rappellent que l’École 1 fut aussi un lieu de formation civique et intellectuelle, inscrit dans des dynamiques politiques dépassant largement l’échelle locale.
Yaaya Tuure


