Pedro Sánchez immigration Espagne : Pedro Sánchez rejette l’« effet d’attraction » migratoire et vante la vigueur économique de l’Espagne
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez affirme que l’immigration irrégulière a fortement reculé et que l’attractivité de l’Espagne repose avant tout sur sa croissance économique et son marché de l’emploi dynamique.
Pedro Sánchez immigration Espagne
En rejetant toute idée d’« effet d’attraction » lié à la régularisation des sans-papiers, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez affirme que l’immigration vers l’Espagne est avant tout portée par la vigueur économique du pays. Dans un contexte de croissance record et de coopération renforcée avec les pays d’origine et de transit, Madrid défend une approche migratoire mêlant responsabilité morale et pragmatisme économique. Une position qui intervient alors que les débats européens sur la gestion des flux migratoires restent plus vifs que jamais.
Sánchez rejette l’idée d’un « effet d’attraction » migratoire et met en avant la solidité économique de l’Espagne
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a fermement rejeté l’idée selon laquelle la régularisation massive des immigrés décidée par son gouvernement pourrait créer un « effet d’attraction ». Dans une interview accordée à CNN depuis Dubaï, le chef de l’exécutif a assuré que l’immigration irrégulière vers l’Espagne avait été « drastiquement » réduite ces dernières années, tout en soulignant que la grande majorité des migrants empruntent désormais des voies légales.
Selon lui, près de 90 % des arrivées s’effectuent par des circuits réguliers, une évolution qu’il attribue à une politique migratoire combinant contrôle des frontières et coopération internationale.
Une migration tirée par la dynamique économique
Pedro Sánchez a insisté sur le fait que l’Espagne attire avant tout en raison de ses bonnes performances économiques, et non à cause des mesures de régularisation. « Les migrants viennent parce que notre économie est solide », a-t-il affirmé, rappelant que le pays figure parmi les moteurs de la croissance européenne.
Le Premier ministre a également mis en avant la collaboration avec plusieurs pays d’origine et de transit, notamment le Maroc, le Sénégal, la Gambie et la Mauritanie, considérée comme un partenaire stratégique dans la gestion des flux migratoires vers l’archipel des Canaries.
Cette coopération, a-t-il expliqué, contribue à limiter les départs irréguliers tout en favorisant des alternatives légales et mieux encadrées.
Entre responsabilité morale et pragmatisme économique
Au-delà des chiffres, Pedro Sánchez a évoqué « l’aspect moral » du débat migratoire. Il a rappelé que l’Espagne fut historiquement un pays d’émigration, marqué par les départs liés à la dictature ou au manque d’opportunités économiques.
« Nos parents et grands-parents ont dû partir chercher un avenir ailleurs », a-t-il déclaré, appelant à une approche empreinte de mémoire et de responsabilité.
Mais le dirigeant socialiste a également insisté sur la dimension pragmatique de l’immigration. Les travailleurs étrangers participeraient activement à la prospérité nationale, représentant environ 10 % des recettes de la sécurité sociale, tout en ne pesant qu’à hauteur de 1 % des dépenses publiques.
Une économie en tête des pays développés
Sur le terrain économique, Pedro Sánchez s’est montré particulièrement confiant. Il a affirmé que l’Espagne serait en 2025 l’économie développée à la croissance la plus rapide, avec un taux estimé à 2,8 %.
Le pays a par ailleurs franchi un seuil historique avec plus de 22 millions de personnes en emploi, confirmant, selon lui, son rôle de « locomotive » pour l’Union européenne et les économies occidentales.
Autre signal jugé positif : le taux de chômage est repassé sous la barre des 10 %, une situation rare au cours des 45 dernières années et que le gouvernement présente comme la preuve d’une transformation structurelle du marché du travail.
Une politique migratoire sous surveillance politique
Ces déclarations interviennent toutefois dans un contexte politique sensible. En Espagne, les débats sur la délégation des compétences migratoires, notamment en Catalogne, et sur le processus de régularisation continuent de susciter des tensions entre les différentes forces politiques.
Malgré ces controverses, le gouvernement maintient que sa stratégie repose sur un équilibre entre humanité, réalisme économique et coopération internationale.
Pour Madrid, l’immigration n’est plus seulement un défi sécuritaire : elle constitue aussi un levier démographique et économique dans un pays confronté au vieillissement de sa population.
Rapide info avec agences



