Mauritanie : le FMI approuve un décaissement de 91 millions de dollars et salue la résilience économique
Le FMI valide les cinquièmes revues des accords avec la Mauritanie et débloque 91 millions de dollars, saluant la résilience économique malgré le ralentissement qui était prévu en 2025.
Le Conseil d’administration du FMI a validé de nouvelles revues des accords avec la Mauritanie, ouvrant la voie à un décaissement immédiat de 91 millions de dollars, tout en appelant à accélérer les réformes budgétaires, de gouvernance et climatiques.
Mauritanie : le FMI débloque 91 millions de dollars et salue la résilience de l’économie malgré le ralentissement attendu en 2025
Nouakchott / Washington – 29 janvier 2026
Le Fonds monétaire international (FMI) a donné, mercredi, un nouveau signal de confiance à l’économie mauritanienne. Son Conseil d’administration a achevé avec succès les cinquièmes revues des accords au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de crédit (MEDC), ainsi que la quatrième revue de l’accord relevant de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat de 65,88 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 91 millions de dollars, au profit de la Mauritanie.
Un appui financier substantiel dans un contexte mondial incertain
Sur ce montant, 6,44 millions de DTS relèvent des accords FEC/MEDC, tandis que 59,44 millions de DTS sont mobilisés dans le cadre de la FRD, destinée à accompagner les pays vulnérables face aux chocs climatiques et structurels.
Au total, les décaissements cumulés du FMI en faveur de la Mauritanie atteignent désormais 191,8 millions de DTS, soit environ 258 millions de dollars, depuis l’approbation des programmes en janvier et décembre 2023.
Cet appui intervient dans un environnement international marqué par une forte incertitude économique, conjuguée à une dégradation du contexte sécuritaire régional, deux facteurs susceptibles de peser sur les économies sahéliennes.
Une croissance en ralentissement, mais des fondamentaux jugés solides
Après une croissance robuste de 6,3 % en 2024, l’économie mauritanienne devrait connaître un ralentissement à 4,2 % en 2025, principalement en raison d’une contraction du secteur extractif. Cette évolution contraste toutefois avec la bonne tenue des activités non extractives, qui continuent de soutenir la dynamique économique nationale.
À moyen terme, les perspectives demeurent globalement favorables, portées par le programme d’investissements publics dans les infrastructures, la montée en puissance de l’investissement privé, ainsi que par les réformes engagées dans les domaines de la gouvernance, du secteur financier, des politiques d’investissement et de la formation professionnelle.
L’objectif affiché des autorités est clair : diversifier l’économie au-delà de sa dépendance aux industries extractives.
Discipline budgétaire et dette sous contrôle
Le FMI souligne la bonne performance globale du programme économique, avec la réalisation de toutes les cibles quantitatives fixées à fin juin 2025, ainsi que la mise en œuvre de la majorité des repères structurels.
La gestion budgétaire prudente, appuyée par l’institutionnalisation d’un ancrage budgétaire, a permis de réduire progressivement le déficit et de stabiliser la dette publique, dont le ratio est passé d’environ 52 % du PIB en 2021 à moins de 40 % projetés en 2026.
Le compte courant devrait également s’améliorer, tandis que les réserves internationales restent jugées « confortables » par l’institution de Bretton Woods.
Gouvernance, change et secteur bancaire : des réformes encore attendues
Si les résultats macroéconomiques sont salués, le FMI insiste sur la nécessité d’accélérer certaines réformes structurelles clés.
Parmi les priorités figurent :
- l’opérationnalisation rapide de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption ;
- l’application effective des lois relatives à la déclaration de patrimoine et d’intérêts, aux entreprises publiques et à la Zone franche de Nouadhibou ;
- la modernisation du cadre de politique monétaire de la Banque centrale de Mauritanie (BCM), notamment en matière de gestion des liquidités et de développement du marché de la dette domestique ;
- la transition vers un régime de change plus flexible, afin de renforcer la capacité d’absorption des chocs extérieurs ;
- le renforcement de la supervision bancaire, pour accroître la résilience du système financier.
Climat et carburants : un virage sensible mais stratégique
Dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, le FMI appelle à accélérer l’agenda des réformes climatiques, notamment à travers l’introduction d’un mécanisme automatique de tarification des produits pétroliers, accompagné de mesures compensatoires ciblées en faveur des populations vulnérables.
Une telle réforme, politiquement sensible, est jugée essentielle pour créer des marges budgétaires, financer l’adaptation climatique et répondre aux besoins de développement croissants du pays.
Un message de confiance, assorti d’exigences
S’exprimant à l’issue des délibérations du Conseil d’administration, Kenji Okamura, Directeur général adjoint du FMI et président par intérim, a salué la résilience de l’économie mauritanienne, tout en soulignant que la poursuite rigoureuse des réformes conditionnera une croissance plus élevée, plus inclusive et durable.
Pour le FMI, la mise en œuvre cohérente des programmes FEC/MEDC, combinée à une accélération des réformes climatiques soutenues par la FRD, sera déterminante pour mobiliser des financements additionnels, renforcer la crédibilité macroéconomique du pays et soutenir les efforts de réduction de la pauvreté.
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