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Politique générale du gouvernement mauritanien : l’exécutif mise sur l’apaisement et la consolidation institutionnelle

À Nouakchott, le Premier ministre El Moctar Ould Djay a réaffirmé la ligne présidentielle fondée sur l’apaisement politique, le dialogue et le renforcement des institutions, lors d’une rencontre avec les députés.

Politique générale du gouvernement mauritanien
Devant les députés, le Premier ministre El Moctar Ould Djay a livré un discours à forte portée institutionnelle, réaffirmant la priorité donnée à l’apaisement politique et au renforcement durable des institutions en Mauritanie.

Mauritanie : politique générale du gouvernement, entre apaisement affiché et consolidation institutionnelle

Rapide info– Nouakchott

La cérémonie organisée jeudi soir au Centre international de conférences Mokhtar Ould Daddah, en marge de la présentation de la politique générale du gouvernement pour 2025 et de ses perspectives pour 2026, dépasse le simple cadre protocolaire. À travers son intervention devant les députés de l’Assemblée nationale, le Premier ministre El Moctar Ould Djay a livré un message à forte portée politique : celui de la continuité stratégique, de la maîtrise du jeu institutionnel et de la préservation d’un équilibre politique fondé sur l’apaisement.

Dans un contexte national marqué par des attentes sociales élevées, des recompositions partisanes discrètes et une vigilance accrue de l’opinion publique, le discours du chef du gouvernement s’inscrit comme une tentative de stabilisation durable de la scène politique.

La confirmation d’une ligne présidentielle

En réaffirmant l’engagement de son gouvernement à poursuivre la vision du président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, El Moctar Ould Djay a d’abord cherché à lever toute ambiguïté sur la cohérence de l’exécutif. La référence insistante à l’« apaisement », à « l’ouverture » et au « dialogue » traduit la volonté de maintenir une gouvernance consensuelle, déjà érigée en marqueur du premier mandat présidentiel.

Cette orientation répond à un double impératif : préserver la stabilité institutionnelle dans un environnement régional incertain, tout en évitant que les débats politiques internes ne se transforment en facteurs de polarisation durable. Le Premier ministre a ainsi rappelé que le respect et l’estime envers l’ensemble des forces politiques et sociales demeurent un principe structurant de l’action gouvernementale.

Institutions et séparation des pouvoirs : un signal politique

L’un des axes centraux du discours réside dans la promesse renouvelée de renforcer les institutions et de consolider l’indépendance des pouvoirs. Sur le plan institutionnel, ce message vise autant les partenaires politiques que l’opinion publique, souvent attentive à la réalité de l’équilibre entre l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

En soulignant que cette orientation s’inscrit dans les directives présidentielles, le Premier ministre a cherché à inscrire l’action gouvernementale dans une trajectoire de long terme, au-delà des échéances conjoncturelles. Il s’agit également d’un message adressé aux députés, appelés à jouer pleinement leur rôle de législateurs et de contrôleurs de l’action publique, dans un cadre présenté comme respectueux des prérogatives institutionnelles.

Un Parlement valorisé comme partenaire

La tonalité du discours à l’égard de l’Assemblée nationale mérite une attention particulière. En saluant le « succès » de la session parlementaire et le travail « intensif » accompli, El Moctar Ould Djay a implicitement reconnu le Parlement comme un acteur central du jeu politique, et non comme une simple chambre d’enregistrement.

Selon le Premier ministre, la session en voie de clôture a permis d’assurer les fonctions essentielles de législation, de contrôle et d’encadrement de l’opinion publique. Cette reconnaissance publique participe d’une stratégie de légitimation du processus institutionnel, à un moment où la crédibilité des institutions demeure un enjeu majeur pour la consolidation démocratique.

Apaisement politique et prévention des tensions

L’affirmation selon laquelle le gouvernement « ne sera partie prenante à aucune action susceptible de tendre la scène politique ou de créer la discorde » constitue l’un des passages les plus significatifs du discours. Elle traduit une volonté claire de prévention des conflits politiques, dans un pays où l’histoire récente a montré que les crispations institutionnelles peuvent rapidement affecter la cohésion nationale.

La présence, lors de la cérémonie, de représentants de diverses sensibilités politiques a été mise en avant comme un indicateur de maturité politique. Pour l’exécutif, cette diversité symbolise une capacité collective à maintenir le débat politique dans des cadres institutionnels maîtrisés, au service d’une construction nationale progressive.

Une séquence politique maîtrisée

En conclusion, l’intervention du Premier ministre apparaît comme une séquence politique soigneusement calibrée. En combinant reconnaissance du rôle parlementaire, appel à l’unité nationale et réaffirmation de la ligne présidentielle, le gouvernement cherche à consolider un climat de confiance relatif entre les institutions et les acteurs politiques.

Reste à savoir dans quelle mesure ces engagements discursifs se traduiront, dans les mois à venir, par des avancées concrètes sur le terrain institutionnel et social. À ce stade, le message est clair : l’exécutif entend privilégier la stabilité, le dialogue et la continuité, comme leviers d’une gouvernance durable.

A.O.B

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