Réforme de l’éducation et école républicaine : le rôle clé de l’Inspecteur de l’enseignement fondamental
Réforme de l’éducation en Mauritanie : comment l’Inspecteur de l’enseignement fondamental devient un acteur central de la gouvernance éducative et de la qualité scolaire.
L’Inspecteur de l’enseignement fondamental, un levier pour la gouvernance éducative
Les écrits modernes sur la gouvernance des systèmes éducatifs s’accordent à dire que la véritable réforme ne se mesure pas à la rapidité de la publication des textes ou de la prise des décisions, mais plutôt à la clarté de l’architecture des rôles et à l’intégration des fonctions de planification, d’exécution et d’évaluation. La politique éducative, aussi pertinente soit-elle en théorie, reste tributaire de sa capacité à pénétrer la pratique de la classe et de l’institution, où se concrétise l’école républicaine dans la réalité des apprenants, et non seulement dans les documents de référence.
C’est à cela que vise l’approche de la Ministre de l’Éducation nationale et de la Réforme du système éducatif, Dr. Hoda Babah, à travers la progressivité, la maîtrise des ressources humaines et la prise en compte de la logique de gouvernance plutôt que de l’urgence.
Le rôle de l’Inspecteur de l’enseignement fondamental est stratégique pour relier la vision de la réforme à la pratique professionnelle. Il n’est pas seulement un organe de contrôle administratif au sens étroit, mais un mécanisme d’évaluation professionnelle, une fonction de diagnostic pédagogique et un médiateur institutionnel entre le décideur et l’école.
Grâce à son encadrement pédagogique, son accompagnement des enseignants et son analyse des indicateurs de performance éducative, l’Inspecteur joue un rôle central pour garantir la qualité de l’apprentissage, l’égalité des chances et la consolidation des valeurs de l’école républicaine basées sur l’équité, l’efficacité et le mérite.
L’école républicaine que vise le Ministère de l’Éducation nationale n’est pas seulement un espace d’enseignement, mais une institution nationale qui forge l’intégration sociale et établit la conscience nationale commune. Cela ne peut être atteint sans un investissement méthodique dans la fonction d’inspection, en tant que levier pour réguler la pratique, corriger les déviations et accompagner le changement au sein des classes et des écoles.
L’Inspecteur de l’enseignement fondamental est le plus proche de l’action éducative à son niveau de base et le plus à même de détecter l’écart entre l’objectif pédagogique et la réalité.
Les expériences comparatives montrent que les systèmes éducatifs qui ont donné aux organes d’inspection un rôle participatif dans la réforme et les ont intégrés tôt dans les cercles de diagnostic et d’évaluation ont réussi à réduire la distance entre la vision et la mise en œuvre, et à assurer la durabilité de l’impact de la réforme.
Lorsque la décision éducative est basée sur les données de terrain et nourrie de l’expérience des inspecteurs, la réforme devient plus réaliste et moins exposée à l’échec.
Par conséquent, l’intégration des Inspecteurs de l’enseignement fondamental dans le processus de réforme du système éducatif, dans un cadre clair de rôles, un timing approprié et une logique participative, n’est pas une exigence syndicale, mais une nécessité structurelle pour la réussite du projet de l’école républicaine.
La réforme équilibrée est celle où la vision politique rencontre la gouvernance institutionnelle, et où les fonctions de planification, d’exécution et d’évaluation se complètent, au service d’une école publique forte, équitable et capable de remplir sa mission nationale et stratégique.
L’Inspecteur pédagogique : Al-Moustapha Abdoul Karim Ahmadi



