
CAN 2025 : Rabat retient son souffle avant une finale historique entre le Maroc et le Sénégal
Rabat – À moins de 20 minutes du coup d’envoi, le Complexe sportif Prince Moulay Abdellah vibre déjà au rythme de l’histoire. Des flots de supporteurs marocains et sénégalais, drapés dans les couleurs de leurs sélections respectives, convergent vers l’enceinte rénovée de Rabat, transformant les abords du stade en un immense théâtre populaire. Chants, drapeaux, klaxons et ferveur partagée composent une atmosphère électrique, à la hauteur de l’enjeu.
Pour la première fois dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations, le Maroc et le Sénégal s’affrontent en finale. Un duel inédit, entre deux nations qui ne comptent chacune qu’un seul sacre continental et qui rêvent, ce soir, d’accrocher une deuxième étoile à leur maillot.
Une finale sous haute tension… et souvent indécise
Les chiffres rappellent combien l’exercice est périlleux. Plus d’un quart des finales de la CAN (26,5 %) se sont décidées aux tirs au but. Depuis l’an 2000, ce taux grimpe à 46 %, preuve que les finales africaines se jouent désormais sur des détails, des nerfs et parfois sur un seul geste.
Le Sénégal en sait quelque chose. Les Lions de la Teranga n’ont jamais marqué dans le temps réglementaire d’une finale de CAN :
2002, 0–0 puis défaite aux tirs au but face au Cameroun
2019, défaite 1–0 contre l’Algérie
2022, 0–0 puis victoire aux tirs au but face à l’Égypte
Un paradoxe que les hommes d’Aliou Cissé espèrent enfin briser, même si leur efficacité passée ne les a pas empêchés de soulever le trophée il y a trois ans.
Maroc : écrire l’histoire à domicile
Pays hôte, le Maroc joue bien plus qu’un titre. En cas de victoire, les Lions de l’Atlas rejoindraient le cercle très fermé des nations sacrées championnes d’Afrique à domicile. Jusqu’ici, seuls neuf pays ont réussi cet exploit, dont l’Égypte, le Ghana, l’Algérie ou encore la Côte d’Ivoire tout récemment.
Une consécration qui viendrait couronner une progression constante et une campagne 2025 marquée par une solidité défensive remarquable : seulement deux buts encaissés depuis le début du tournoi, la meilleure défense de la compétition.
Brahim Díaz contre le bloc sénégalais
Côté marocain, tous les regards se tournent vers Brahim Díaz, meilleur buteur de la CAN 2025 avec cinq réalisations. Très actif dans les trente derniers mètres, le meneur offensif incarne la principale menace face au dernier rempart sénégalais, Édouard Mendy.
En face, le Sénégal oppose une machine collective bien huilée, notamment au milieu de terrain. Idrissa Gueye et Pape Gueye figurent parmi les joueurs ayant le plus souvent cassé les lignes adverses par la passe, aux côtés de Sadio Mané. Une bataille du milieu qui pourrait bien décider du sort de la finale.
Régularité sénégalaise, ambition marocaine
Troisième finale en quatre éditions pour le Sénégal : un symbole de régularité au plus haut niveau continental. Le Maroc, lui, retrouve ce stade de la compétition pour la première fois depuis 2004, année d’une finale perdue qui hante encore la mémoire collective.
Ce choc oppose aussi la deuxième meilleure attaque du tournoi (Sénégal, 12 buts) à la défense la plus imperméable (Maroc, 2 buts concédés). Un véritable duel de titans, où chaque erreur pourrait être fatale.
Une CAN 2025 record et un écrin à la hauteur
Au-delà du terrain, cette CAN 2025 restera comme un succès commercial sans précédent. Selon la CAF, la compétition a généré 90 % de revenus supplémentaires, portée par de nouveaux partenariats et l’intérêt croissant des grandes marques internationales.
La finale se déroule dans un cadre rénové et symbolique. Reconstruit sur le site de l’ancien stade inauguré en 1983, le Complexe sportif Prince Moulay Abdellah peut accueillir plus de 68 000 spectateurs. Situé à sept kilomètres du centre de Rabat, il s’impose désormais comme l’un des joyaux sportifs du continent africain.
Une soirée pour entrer dans la légende
Au coup d’envoi, le bruit s’estompera, laissant place à 90 minutes – ou plus – de tension extrême. Pour le Maroc comme pour le Sénégal, il ne s’agit pas seulement de gagner une finale, mais de marquer l’histoire du football africain.



