Trump met la pression sur Cuba pour forcer un accord

Dimanche, 11 janvier 2026 17:53
MISE À JOUR Dimanche, 11 janvier 2026 17:53
Donald Trump veut couper les vivres à Cuba pour affaiblir l’île et pousser son président à signer un accord, suscitant la colère de Miguel Diaz-Canel.
«IL N’Y AURA PLUS DE PÉTROLE OU D’ARGENT À DESTINATION DE CUBA – ZÉRO! a écrit dimanche le président américain sur son réseau social, Truth Social. Je suggère fortement qu’ils acceptent un accord, AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD.»
Son homologue cubain Miguel Diaz-Canel lui a rétorqué que «personne ne dicte quoi faire» à son pays.
Cuba est «une nation libre, indépendante», a-t-il publié sur X.
«Cuba n’agresse pas, elle est agressée par les États-Unis depuis 66 ans, et elle ne menace pas, elle se prépare, prête à défendre la Patrie jusqu’à la dernière goutte de sang», a-t-il poursuivi.
Ajoutant de l’huile sur le feu, Donald Trump a aussi partagé le message d’un usager de Truth Social qui suggérait que Marco Rubio, le secrétaire d’État américain, responsable des affaires étrangère, deviendrait le prochain dirigeant de Cuba.
«Marco Rubio est le fils de Cubains qui ont fui la révolution et se sont exilés aux États-Unis», explique Gilles Baril, spécialiste de la géopolitique de l’Amérique latine.
Cuba isolée
Charles-Philippe David, président de l’Observatoire des États-Unis de la Chaire de Recherche Raoul-Dandurand voit dans ces déclarations «une volonté très claire [du président américain] d’affaiblir sérieusement Cuba au point où elle tombe».
Selon lui «c’est l’équivalent d’un blocus pétrolier de Cuba. Comment une économie peut survivre de ça? C’est vraiment terrible», se désole-t-il.
Avec la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro le 3 janvier dernier, Cuba se retrouve encore plus isolée qu’elle l’était déjà. Car le Vénézuéla et le Mexique sont les principaux fournisseurs de pétrole de ce petit état des Caraïbes.
Depuis 1962, un blocus est mis en place par les États-Unis sur Cuba. Cette dernière s’est depuis tournée vers d’autres alliés, comme la Russie, la Chine et l’Iran, indique l’expert de l’Amérique latine.
«Je ne suis pas certain qu’ils vont être là aujourd’hui», s’avance-t-il. Selon lui, ces pays n’ont plus d’intérêt à faire des affaires avec le pays d’Amérique latine.
Impact sur le tourisme
La situation s’annonce difficile pour le peuple cubain. Pour lui, «la question première c’est de manger. Il y a des problèmes de denrées alimentaires très importants là-bas», résume M. Baril.
Ce dernier rappelle que les Québécois sont de ceux qui fréquentent le plus cette île des Caraïbes, dont l’économie dépend du tourisme.
Déjà, Tina Beaulieu, propriétaire de l’agence de voyages N.T Air remarque un essoufflement des réservations pour les voyages à Cuba.
Bien qu’elle compte 25 clients qui partent pour Cuba dans les deux prochaines semaines, deux ont changé leur destination.
Mais «les nouveaux qui réservent veulent éviter Cuba», signale-t-elle.
«Les Cubains en arrachent en tabarouette. Ils vivent avec le tourisme, mais s’il y en a moins, ils vont souffrir», s’inquiète-t-elle.



