François Hollande estime que la menace de dissolution,agitée par le gouvernement en cas de censure, « n’a aucun sens »

François Hollande
Vendredi, réagissant aux motions de censure déposées par le RN et LFI, l’exécutif avait menacé d’une nouvelle dissolution faisant savoir qu’il se préparait à des législatives anticipées en même temps que les municipales en mars.
Le Monde avec AFP
La menace de dissolution agitée par l’exécutif en réponse aux motions de censure de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN) « n’a aucun sens », a affirmé dimanche 11 janvier François Hollande, qui encourage de nouveau Sébastien Lecornu à faire usage du 49.3 pour faire adopter le budget.
« Le rôle d’un premier ministre (…) c’est quand même de mettre un peu de stabilité là où il y a de l’inquiétude », a affirmé l’ancien président de la République, invité de l’émission « Questions politiques » sur France Inter/FranceInfo/Le Monde.
« On ne doit pas parler de dissolution (…). Les maires qui préparent des élections municipales se disent : “Mais est-ce qu’on ne va pas avoir une interférence des élections législatives sur les élections municipales ?” Donc ça n’a aucun sens », a tranché le député socialiste de Corrèze. « Ce n’est pas comme ça qu’il faut procéder (…). Il faut chercher la stabilité. Et pour trouver la stabilité, il faut chercher des compromis », a-t-il tancé.
François Hollande plaide pour l’usage du 49.3
L’exécutif a agité vendredi la menace d’une nouvelle dissolution en cas de censure du gouvernement, faisant savoir qu’il se préparait à des législatives anticipées en même temps que les municipales en mars. Il réagissait notamment aux motions de censure promises par le RN et LFI pour protester contre la signature annoncée du traité de libre-échange avec le Mercosur sud-américain, malgré le vote contre de la France.
Des motions que M. Hollande ne votera pas, les jugeant « inappropriées » : « parce que la France a voté contre cet accord » comme le lui avait demandé l’Assemblée nationale et parce que le débat va s’engager « au Parlement européen ».
A l’avant-veille de l’arrivée du budget de l’Etat dans l’Hémicycle, François Hollande a de nouveau invité le premier ministre à utiliser l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui lui permet de faire adopter le texte mais l’expose à une censure : « On connaît les conditions du compromis mais je pense que sur le budget, ça suffit. Ça suffit de laisser passer du temps parce que les Français, là aussi, ils attendent un cadre » pour investir ou consommer, a-t-il plaidé.
M. Hollande s’est en revanche dit opposé à la voie des ordonnances, prévue par l’article 47 du texte fondamental : « Ce n’est pas une bonne procédure et il vaut mieux aller vers la seule qui convienne aujourd’hui », le 49.3, a-t-il souligné. « La déclaration qu’il doit faire maintenant, demain, c’est celle d’aller vers une solution pour la fin du mois », a-t-il tranché.



