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Rencontre avec Mamadou Hamady Ndiaye, dit “Bosco” : un parcours emblématique du journalisme mauritanien

Découvrez le parcours de Mamadou Hamady Ndiaye, dit Bosco, journaliste emblématique de la Radiodiffusion de Mauritanie. Dans cet entretien exclusif accordé à Rapide Info, il revient sur sa carrière internationale, ses expériences d’enseignement et sa réflexion sur l’évolution du journalisme africain.

Rencontre avec Mamadou Hamady Ndiaye, dit “Bosco” Journaliste, formateur et figure emblématique de la Radiodiffusion de Mauritanie, Mamadou Hamady Ndiaye, plus connu sous le nom de Bosco, revient sur un parcours exceptionnel jalonné d’expériences à travers plusieurs continents. Dans cet entretien, il livre sa vision du métier, entre passion, engagement et lucidité sur les défis contemporains du journalisme.

Mamadou Hamady Ndiaye dit Bosco est un journaliste et animateur de Radiodiffusion de Mauritanie très célèbre. Interrogé sur son parcours, il nous livre ici son histoire sur Rapide info :

Quand j’ai demandé à l’homme de se présenter et de me parler de sa carrière ; son visage se renfrogne, il avait le regard hagard : « Jeune cadre, j’ai pris la fonction à Radio Mauritanie le 03 avril 1980 avec comme ambitions de mettre mes connaissances au service de ma patrie. La politique médiatique reposait sur la trilogie : informer, éduquer et distraire. Après mon bref passage au journal parlé en français de Radio Mauritanie, je me suis retrouvé à l’animation avec la fameuse de Disque des auditeurs et pour marquer la différence, j’avais intitulé l’émission : choix à la Joie, c’est-à-dire : vous faites votre choix et je fais votre joie ! Beaucoup de mes anciens auditeurs regrettent encore cette émission de ce beau vieux temps et ce beau vieux ton. Dans cette émission, toutes les communautés mauritaniennes intervenaient et choisissaient leur disque. Ce qui m’a marqué en cette époque, c’était la peur puisque la Radio était une cible. J’ai été surpris quand j’ai appris en juillet 1989 que je devais aller au Canada alors que le torchon brûlait entre Nouakchott et Dakar ! À la fin de mon stage au Canada, on m’a proposé la nationalité canadienne, un logement, un travail et une voiture pour rester, mais j’ai décliné.  »
Regrettez-vous votre choix ?
« Non ! Au contraire, je suis un homme qui est en harmonie avec sa conscience et suis un homme qui reste ses principes. Si je vous que je n’ai jamais bu, j’ai jamais fumé. Et pour la petite histoire avec mes camarades quand on se rendait au café, je ne prenais que de l’eau ou de café chaud, mes amis se moquaient de moi … C’est dire que mes principes m’ont toujours guidé et je ne peux pas les aliéner… »
« J’ai été sollicité par l’institut Panos pour enseigner des Journalistes à Dakar. J’ai formé plus de soixante journalistes en Mauritanie en collaboration avec une ONG A I T V qui attestait les diplômes. Parmi ces gens beaucoup travaillant maintenant au Mali, en Mauritanie et au Sénégal. Parmi ceux-ci figurent Balla Ly, Abou Gaye… Donc bien faire et laisser dire.  »

« Je suis originaire de la région du Gorgol et de la ville de Maghama plus précisément. J’ai fait mes études au collège de Kaédi, mais j’ai obtenu mon baccalauréat en lettres modernes à Alger. J’ai ensuite étudié le journalisme à Alger, au Cesti de Dakar, à Rabat au Maroc, en France à l’école internationale de Bordeaux, au Canada, en Allemagne et à Bruxelles. C’est un long périple.

J’ai eu l’honneur de couvrir une réunion de l’ancien président de la Commission économique européenne, actuellement U.E., Edgard Pizani. J’avais également interviewé l’ancien ambassadeur de Mauritanie à Bruxelles, son excellence Oumar Sy, lors d’un sommet Afrique-Caraïbes-pacifiques qu’il présidait. En 2011, j’étais en Chine pour une rencontre et des échanges entre journalistes africains et chinois. Du temps d’Air Afrique, j’avais participé à plusieurs rencontres des journalistes ressortissants des pays membres de cette compagnie panafricaine à Abidjan, à Brazzaville, au Mali et au Burkina Faso.

J’ai aussi été professeur vacataire jusqu’en 1980 à l’ENA, à l’école de la santé et à l’ENFACOS jusqu’en 1986. Je suis titulaire d’un DEUG en droit à la faculté Mohamed 5 de Rabat et de plusieurs diplômes supérieurs en journalisme au Cesti et à l’Institut supérieur de journalisme de Rabat.

Rien ne me prédisposait au journalisme ; j’avais commencé par des études à l’Institut du commerce d’Alger avant d’abandonner pour le journalisme. Voici mon cursus.

Avec le recul, Doyen Bosco regrette-t-il son choix pour le journalisme ou non ? « Le journalisme est devenu à l’heure actuelle une profession où l’on loue son cerveau contre une certaine somme d’argent. Le journaliste devient l’esclave de sa plume. Celui-là même qui devait s’appuyer sur cette vérité : c’est la presse qui fait et défait les grands hommes. Le journaliste n’est pas un gendarme qui effraie, ni un marabout qui prêche la bonne nouvelle, mais celui qui dispose de son questionnaire à la recherche de la vérité en faisant la distinction entre le vrai et le faux, l’injuste et le juste. »

Propos recueillis par Yahya Niane pour Rapide info.

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