Mauritanie : Un an après, quel bilan pour le second mandat de Ghazouani ?
Un an après la réélection de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, les promesses peinent à se traduire dans la réalité. Derrière les discours et les projets annoncés, les Mauritaniens attendent toujours un changement tangible. Où va le pays ?
Un an après le début du second mandat de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, l’heure n’est plus aux illusions. Derrière les annonces officielles et les inaugurations de façade, le quotidien des Mauritaniens reste inchangé, rugueux, presque immobile. Où est passé le souffle du renouveau promis ?
Une année de plus, et alors ?!
C’était censé être le nouveau souffle. Un deuxième mandat. L’espoir, peut-être. Et pourtant… On rame toujours. On crie. On étouffe.
Un an déjà depuis que Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a rempilé. Un an à scruter l’horizon. À attendre. À espérer un frisson de changement. Mais au fond, qu’a-t-on eu ? Des discours. Des promesses. Des annonces à la pelle. Des chiffres. Des sourires devant les caméras. Et derrière ? Le quotidien qui gratte. Qui blesse. Qui assèche l’âme.
Des routes ? Oui. Mais pour aller où ?
On parle d’infrastructures. Des routes ont été lancées. Quelques chantiers inaugurés. Des engins par-ci, des rubans par-là. Mais les villages attendent. Toujours. Les hameaux crèvent de soif. Les pistes de sable rongent les os. Le goudron, lui, aime les capitales.
Le social ? Une goutte dans le désert !
« Tadamoun », dit-on. Des aides distribuées. Quelques filets sociaux. Oui, c’est vrai. Mais qui en profite ? Et pour combien de temps ? On donne un sac de riz, une bouteille d’huile. On prend une photo. Et puis on oublie. Les quartiers pauvres s’enfoncent. Les jeunes s’en vont. Les vieux se taisent. Et la faim, elle, s’incruste.
L’électricité ? Toujours une loterie.
Un jour ça vient. Un jour ça saute. Et souvent, ça grille tout ! Les coupures, elles, ne prennent jamais de vacances. Les bougies font fortune. Et les générateurs chantent leur symphonie de misère dans les ruelles sombres de Nouakchott. L’énergie, ce luxe de riche.
L’école ? Tu parles…
Un plan de réforme ! Une promesse d’éducation pour tous. Une belle rengaine. Et pourtant… Les classes débordent. Les enseignants se battent avec des salaires ridicules. Les enfants fuient. Le privé règne. Et l’école publique ? Un désert. Un vrai.
La santé ? Ne tombe pas malade !
Tu veux savoir ce qu’on a fait en santé ? Regarde les files aux urgences. Regarde les familles quémander des médicaments. Regarde les femmes accoucher à la lueur d’un téléphone. Des centres de santé ouverts ? Oui. Mais souvent sans rien dedans. Pas de médecin. Pas de matos. Pas d’espoir.
Le chômage ? Toujours roi.
Les jeunes ? Ils errent. Diplômés ou pas, même galère. Les concours, c’est la jungle. Les recrutements, une loterie. Beaucoup finissent dans des ghettos d’attente. Le reste rêve d’Espagne, de France, d’ailleurs. Partir. Fuir. Survivre.
Et la corruption ? Intacte, solide, bien nourrie.
On nous avait promis la fin de l’impunité. On a eu des procès. Du bruit. Et puis ? Rien. Les gros poissons nagent encore. Les petits tombent. La justice cligne des yeux. La transparence ? Un mirage.
Mais alors… quoi ?
Oui, il y a eu des forums. Des colloques. Des partenariats internationaux. Le gaz offshore. Le pacte avec l’Europe. L’OMVS. Les selfies avec les grands. Très bien. Mais en bas ? Ici, dans la poussière ? Rien ne bouge. Rien ne change vraiment.
Un an de plus. Et la vie est toujours rude. Les rues pleurent. Les gens hurlent en silence. Et le pouvoir sourit, ailleurs.
À quand le vrai réveil ? À quand le choc ? Le sursaut ?!
Rédaction Rapide Info