À Nouadhibou, la visite du président sonne comme une ritournelle bien rodée
À Nouadhibou, la visite du président sonne comme un rituel bien huilé, entre inaugurations symboliques et réalité sociale inchangée. Une chronique amère sur un pays en quête de progrès réel.
À Nouadhibou, la visite du président sonne comme une ritournelle bien rodée
Bon, alors voilà, le Président est venu. Il est passé par Nouadhibou, sourire au coin, gestes mesurés, caméra bien placée. Il a coupé des rubans, serré des mains, posé la fameuse première pierre — encore une — pour des projets qu’on nous dit “vitaux”, “structurants”, “prometteurs”… Et puis il est reparti. Comme une tournée. Comme un disque qu’on remet à chaque fois qu’il faut qu’on voie qu’on fait quelque chose.
Mais attends… faut le dire : des trucs comme ça, ça peut être fait par un ministre, même un secrétaire général, même un directeur régional s’il faut. Pas besoin de faire tout un cinéma présidentiel. Pis surtout, on se demande : pourquoi maintenant ? Hein ? Pourquoi pas attendre le 28 novembre, comme d’hab ? Quand ça brille, quand y a les fanfares, quand les gens ont un peu l’illusion qu’on pense à eux. Là, c’était comme… précipité, ou juste pour cocher une case sur le planning.
Oui, les projets sont importants, faut pas cracher dans la soupe. Mais quand t’ouvres les yeux, quand tu marches dans Nouadhibou, quand tu causes avec les gens, quand tu respires l’air qu’on respire là-bas, tu vois bien que c’est pas assez. Pas à la hauteur. Pas face à la galère qu’on vit tous les jours, dans cette ville qui a tout pour réussir mais qui rame. Et pas qu’un peu.
Pis tu sais quoi ? C’est quand tu grimpes dans l’avion, que tu traverses la mer, que t’atterris ailleurs — à Dakar, à Casa, à Abidjan, même à Bamako parfois — que tu piges. Que tu piges le retard. Le vrai. Pas celui des discours, mais celui des rues, des écoles, des hôpitaux, de l’eau courante, de l’électricité stable, des boulots qui viennent pas, du pain qui coûte cher.
Depuis 1960 on en parle, des “problèmes socio-économiques”. Depuis l’indépendance. Depuis les débuts. Toujours les mêmes mots, toujours les mêmes maux. Et chaque président qui passe promet que lui, il va changer les choses. Mais la pauvreté, elle bouge pas. Le chômage, il stagne. L’école, elle rame. L’hôpital, faut même pas en parler.
Et pendant ce temps, le président, lui, il a son agenda. Demain matin, le 29 juillet 2025, à neuf heures pétantes, c’est lui qui présidera le Conseil des ministres, au palais présidentiel de Nouakchott. Retour au bureau. Retour au formel. Comme si de rien n’était.
Alors ouais, Nouadhibou a eu droit à sa visite présidentielle. Mais pour les gens, pour de vrai, c’était quoi ? Une apparition. Une parenthèse. Un passage en coup de vent.
Et maintenant ? Retour à la réalité.
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